LE VOL A LA CHARITÉ

Le vol à la charité s'exécute en faisant l'aumône. Voici comment: un individu bien mis, entre chez un bijoutier, demande à voir des bijoux, et en les regardant, il tâche, sans que le bijoutier s'en aperçoive, de laisser tomber un bijou par terre; s'il le voit, c'est par mégarde, s'il ne le voit pas, un instant après le bijou tombé, un mendiant vient demander la charité, et le voleur lui tend une pièce de monnaie, elle lui échappe des mains; le mendiant la ramasse, et en méme temps le bijou. Si le joaillier s'aperçoit du déficit et le manifeste à celui qui, après l'avoir amusé longtemps, s'en va sans rien acheter; impunément il lui offre de le fouiller, il est bien sûr que l'on ne trouvera rien sur lu.

LA BOITERNIERE.

Les boiternières sont porteuses d'une boîte très bien garnie de bijoux tous plus beaux les uns que les autres. Chaque objet est coté suivant la valeur que la boiternière veut lui donner; au milieu, habituellement, il y a une montre cotée 350 francs; ce jeu se joue ainsi: elles ont un cornet en cuir, dans lequel elles roulent plusieurs dez que l'on jette au hazard; la boiternière, pour vous exciter à jouer, vous fait jouer un coup pour rien, alors vous gagnez, car les dès sont préparés pour réussir, mais lorsque vous jouez pour tout de bon, elle substitue aux dès avec lesquels vous avez joué des dès pipés en sens contraire, et si la boiternière vous laisse gagner, ce n'est qu'une amorce pour mieux vous flouer.

Messieurs, méfiez-vous, la boiternière, si elle n'est pas toujours jolie, a tout au moins une toilette très-attrayante, un air agaçant et comprenant fort bien la gaudriole, mais ces plaisanteries se tournent toujours aux dépens des mesières (des messieurs).

LES RIFAUDEURS.

Les rifaudeurs sont une secte bien à craindre, ils s'affublent en mendiants, vont demander l'hospitalité, et dans la nuit, jettent des boulettes incendiaires, s'esbignent et s'en vont.

FAIRE LE GREC.

Ce sont de ces filous qui rodent les cafés à deux, et qui, sans avoir l'air de se connaître, se connaissent fort bien, l'un d'eux vous lie conversation et finit toujours par vous offrir une partie de cartes; son collègue se place derrière vous, à certain signe, soit en portant la main au chapeau, soit aux yeux, soit au nez, enfin à des signes convenus entr'eux, votre adversaire connaît tout votre jeu, son collègue qui fait le Grec le lui dit.

Ne souffrez jamais personne derrière vous quand vous jouez.