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A chaque bêtise qu’il entend dire, M. de Saint-Ch... ôte son chapeau.
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On parle beaucoup du ventre de M. de V..., mais on ne dit rien de ses entrailles.
M. Dudon, auquel s’adresse l’épigramme qui suit, avait cet avantage d’être une des «bêtes noires» de Figaro. Et véritablement, pour les coups de lancette, jamais homme ne présenta une plus large surface.
M. Dudon était un de ces hommes trop compromis pour pouvoir l’être davantage, comme tous les partis en traînent à la remorque; hommes de tous les dévoûments dangereux et bien payés, compères de tous les tours de passe-passe politiques. Serviteur à tout faire du ministère, on le mettait en avant dans toutes les questions scabreuses. Réussissait-on, tant mieux; échouait-on, on le désavouait.
A la tribune il recevait sans sourciller toutes les bordées d’injures de tous les partis; il eut presque autant à souffrir de l’extrême droite que de l’extrême gauche. Manuel l’appelait «un homme dangereux et compromettant pour son propre parti.» Le général Foy disait, en parlant de M. Dudon: «Il est des hommes dont la position est si malheureuse et si embarrassante, qu’ils ne peuvent monter à la tribune que pour débiter des calomnies.»
Figaro revient à chaque instant sur les malversations dont M. Dudon était accusé, malversations qu’il appelle d’un nom beaucoup plus vif. Le petit journal n’était pas le seul à rappeler les accidents de la vie publique de l’homme-écran du ministre. M. Dupont (de l’Eure) lui criait en pleine chambre: «Liquidez vos comptes et ne calomniez pas d’honnêtes gens;» en pleine chambre encore, on lui jetait au visage cette rude apostrophe: «Je le déclare ici, je défie ouvertement M. Dudon de citer une seule transaction véreuse (et certes, il en connaît beaucoup) à laquelle j’aie pris part. Je ne suis pas de ces hommes justement méprisés qui ont indignement abusé de leurs fonctions pour s’enrichir par des rapines et des liquidations scandaleuses, qui ont forcé les ministres du roi à les chasser de leur administration, et à proclamer leur infamie.»
Pour tout dire, «M. Dudon avait été, sous l’Empire, enfermé à Vincennes pour avoir déserté son poste, abandonné l’armée d’Espagne et répandu la terreur dont il était saisi sur toute la route qu’il avait parcourue.» A la chute de l’Empire, il fut tiré de prison par M. de Talleyrand et chargé d’enlever à Orléans le trésor particulier de l’Empereur. Il réussit; il est vrai que l’histoire a qualifié de vol cette spoliation. Plus tard, il fut destitué par M. de Richelieu de la présidence de la commission de liquidation des créances étrangères.