Le ventre.—Non, mais je digère en silence.
La conscience.—Causons un peu.
Le ventre.—Il vous convient bien, madame la Conscience, d’élever aujourd’hui la voix, depuis plus de dix mois que vous vous taisez!
La conscience.—Dites donc que depuis six mois vous riez si fort, qu’il ne vous a pas été possible de m’entendre.
Le ventre.—Le beau plaisir, d’écouter les sons de votre voix rauque!
La conscience.—Ma voix vous déplaît, je le sais, vous craignez des reproches!
Le ventre.—Des reproches de ta part, misérable Conscience! c’est bien à une paresseuse comme toi de blâmer la conduite d’un personnage aussi courageux que je le suis. Sais-tu que j’ai failli crever plus d’une fois au service de M. le baron?
La conscience.—Oui! je vous conseille de vous vanter de vos exploits; ils ont été bien utiles à notre maître commun.
Le ventre.—Eh! s’il n’avait suivi que tes instructions, serait-il aujourd’hui l’un des plus éminents personnages du département?...
La conscience.—Il eût marché droit.