FIGARO.

Quand, au milieu du parterre de l’Odéon, tu fus obligé d’applaudir à la première représentation de l’Homme habile, sous peine de laisser tes oreilles dans la salle.

BASILE.

La pièce me plaisait.

FIGARO.

Tu avais cette figure lorsqu’un de tes bons amis se fit condamner aux dépens pour avoir attaqué en diffamation certain rédacteur qui ne l’avait désigné que par ta profession.

BASILE.

On n’aime pas à se voir écorché dans la peau d’un confrère; et puis, l’esprit de corps...

FIGARO.

Enfin, tu n’es jamais moins laid que cela lorsque tu apprends qu’un honnête homme prospère, qu’un fripon est tombé, qu’un traître fait banqueroute, qu’un absolutiste est censuré et qu’un intolérant reçoit sur les ongles. Te voilà, lorsqu’un tribunal déclare que des traits malins ne sont point des crimes; lorsqu’un ministre, que tu croyais à bas, apprend que tu le calomniais déjà chez son successeur supposé. Oui, tu es ressemblant, on t’a peint le jour où Royer-Collard fut admis à l’Académie et le soir où Paris vainquit les ombres de la nuit par des milliers d’illuminations.