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Les jésuites ne veulent pas que M. de Chateaubriand soit envoyé à Rome, ils craignent le génie du christianisme.
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La loi d’amour et celle de M. de Portalis viennent d’être mises en rapport; à l’avenir, on ne pourra point avoir d’esprit à moins de deux cent mille francs.
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La loi de la presse est une terrible personnalité contre le ministère.
INFAMIE DE LA GAZETTE.
Voici l’article qu’on lisait hier dans la Gazette:
«Nous savions depuis plusieurs mois que l’administration qui a dans ses attributions la censure des pièces de théâtre, avait ouvert la scène aux passions révolutionnaires et livré les principes et les idées monarchiques aux grossières insultes d’un public égaré par l’esprit de faction. Nous savions que, dans nos grands théâtres, on avait permis des ouvrages corrupteurs où la morale n’est pas moins outragée que les gouvernements; qu’on avait autorisé, dans des pièces nouvelles, des allusions qui flattaient les préventions que le journalisme a proposées, qui fortifiaient les calomnies qu’il a répandues; nous savions que dans les petits spectacles on avait vu Odry, chamarré d’ordres étrangers, parodier une réception de commandeur, et Brunet fouler aux pieds un grand cordon auquel il ne manquait que la couleur pour rappeler les insignes des plus hauts dignitaires de l’État; nous savions que tous les lazzis, toutes les farces ignobles des tréteaux de nos boulevards, étaient dirigés contre les distinctions sociales, contre les idées d’ordre et de pouvoir, contre la religion, attaquée comme autrefois sous le nom d’hypocrisie; nous savions enfin que le ministre qui dirige la censure des théâtres avait permis qu’on insultât un de ses prédécesseurs, non-seulement par des allusions indirectes, mais par des couplets grossièrement injurieux[7]; mais nous ne savions pas qu’on aurait porté l’oubli de tous les devoirs jusqu’à ouvrir aux allusions insolentes des pamphlétaires et des spectateurs des boulevards, un sanctuaire où ne doivent pénétrer que nos hommages, nos respects, nos sentiments d’amour et de reconnaissance; un sanctuaire que tous les membres de l’administration, depuis le ministre jusqu’au dernier employé, doivent défendre contre les hardiesses impies de l’esprit de faction.