M. G. DE l’Étoile.—Je trouve assez étonnant, Monsieur le trésorier, que vous, ou d’autres, ayez eu la pensée d’un journal semi-officiel, lorsque celui que je dirige est officiel bien plus encore que l’épais Moniteur. Je n’en veux pour preuve que l’envie de bâiller que l’on éprouve en me lisant. Au surplus, je suis assez content de mes maîtres pour ne pas vouloir m’en donner d’autres; ceux de mes confrères n’ont que l’exécution des pensées nées du cerveau des puissants dont je reçois l’impulsion: aussi ne me suis-je rendu à cette assemblée que pour vous faire sentir mon importance.
LE TRÉSORIER, tout bas.—Tels maîtres, tels valets; même insolence. (Se retournant.) Monsieur B., que direz-vous en faveur de votre Gazette?
M. B. DE la Gazette.—Rien, c’est tout ce que je puis dire. D’ailleurs, mes œuvres sont là pour répondre, et la Minerve peut attester que je sais prendre tous les tons. Ai-je besoin de me vanter, comme l’ont fait ces messieurs? Je ne suis pas nul comme le Pilote, niais comme le Journal de Paris, sans cesse sur des échasses comme monsieur le baron, ou en délire comme l’Etoile.
TOUS LES AUTRES.—Allons, il ne se vante pas! l’on sait pourtant combien il est soporifique.
LE TRÉSORIER.—Messieurs, j’en sais assez. Je vais faire mon rapport, et chacun de vous peut compter sur mon impartialité.
COUPS DE LANCETTE.
On a trouvé M. Philarète blotti dans l’écritoire de M. de Jouy.
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—Comment pense-t-on dans votre régiment?