Jeudi, 21 janvier 1827.
LES TIMBRÉS,
CHANSON NOUVELLE ENVOYÉE DE CHARENTON.
Air: Sans timbre.

Je suis timbré! (bis)
C’est aujourd’hui le cri de guerre;
Chacun tremble à ce mot sacré;
Déjà j’entends chaque libraire
Dire, en étouffant de colère:
Je suis timbré! (bis)

Je suis timbré! (bis)
Dit ce poëte avec franchise:
Mon Pégase à neuf est ferré;
Si je rimais quelque sottise?
Veuillez excuser ma bêtise...
Je suis timbré! (bis)

Je suis timbré! (bis)
Malgré la cabale ennemie,
Je vais passer pour un lettré;
Bientôt j’entre à l’Académie...
Recevez-moi, belle endormie...
Je suis timbré! (bis)

Je suis timbré! (bis)
Dit ce coquin, que par sentence
Un fer brûlant a déchiré...
De parvenir j’ai l’assurance,
Car, pour plaire à son excellence,
Je suis timbré! (bis)
Qu’ils soient timbrés! (bis)
Ce Voltaire et sa secte impie
Par qui nous fûmes dénigrés;
Honneur à l’escobarderie!
Sous le sceau de la barbarie...
Qu’ils soient timbrés! (bis)

Ils sont timbrés! (bis)
Bon P***, ceux qu’à table tu traites...
Pour complaire à ces désœuvrés,
Désormais les plats et les bêtes
Qui servent dans ces jours de fêtes
Seront timbrés. (bis)

Soyez timbrés! (bis)
Vous tous journaux de la finance,
Contre la presse conjurés;
Vous aurez plus d’esprit, je pense,
Quand les autres, par ordonnance,
Seront timbrés. (bis)


COUPS DE LANCETTE.

L’article du Moniteur sur la loi de justice et d’amour rappelle ces vers de M. Victor Hugo: