BRIDOISON (se montrant à son tour).
Mon cher, po...int... de fau.... au...sse... mo...o...o...destie; tous nos confrè...res se di...i...sent leurs vé...vé...rités sans scru...pu...u...u...pule.
FIGARO (bas à Bridoison).
Au nom du ciel, seigneur Bridoison, taisez-vous; vous allez me donner un ridicule. N’imitons pas, croyez-moi, ces comiques aristarques qui, s’essoufflant pour enfler avec peine les plus modestes pipeaux, croient bonnement emboucher l’héroïque trompette. Eh! mon Dieu, personne aujourd’hui n’est dupe du plus misérable charlatanisme. Les croque-morts de la littérature ont beau répéter que la suspension de leur feuille est un sacrifice fait à la liberté; que, pour se rendre plus dignes de la faveur toujours croissante du public, elles paraîtront moins souvent et à des prix plus élevés; que, pour contenter les bilieux, les mélancoliques et les sanguins, trois ou quatre têtes se réuniront sous un même bonnet, etc., etc., et autres parades semblables; les moins habiles savent à quoi s’en tenir; les journaux ne sont pas comme les ventrus: ils ne meurent jamais d’excès de santé. (S’adressant au public:) Messieurs, je vous en supplie, ayez la complaisance de faire semblant de n’avoir rien entendu. J’avais donc l’honneur de vous dire, quand Basile m’a interrompu, qu’il y a un an aujourd’hui que j’ai consacré ma plume, ma lancette, un peu d’esprit, suffisamment de malice, assez de gaîté, beaucoup de franchise à vos menus plaisirs. (Basile bâille avec bruit.)
GRIPPE-SOLEIL, ANTONIO, L’ÉVEILLÉ, MARCELINE, SUZANNE.
A bas la cabale!
FIGARO (avec emphase).
Le Nil a vu sur ses rivages, etc., etc.
BRIDOISON.
Vraiment il parle bien.