les cuers des loyaulx amans
l'un s'en rit l'autre s'en plaint
Et complainct
ce n'est pas desduyt d'enfans
aulcuns y sont triumphans
et vaillans.
disant j'ayme la plus belle
mais la fin est dieu scet quelle.
Ainsi nostre faulconnier tresardemment espris de l'amour du faulcon s'esforça par plusieursfois de fournir son leurre de choses nouvelles neantmoins jamais le faulcon n'en tint compte. mais plainement le refusa. & jasoit ce que aucunesfois il vint voler par dessus pour regarder sa proye toutesfois quant il n'y veoit chose ou il print appetit tousjours de plus en plus le desdaignoit car certes comme bien apparut aprés il pretendoit avoir leurre plus riche plus parfait et plus noble. le faulconnier voyant tant de fois son leurre estre refusé se trouva totalement parplex & comme ung amoureux transi & privé de toute contenance se partit d'illec monta en une salle se getta sur une couche & pensa longuement a son affaire lequel estant en ceste melencolique cogitacion commença ung petit assommeiller & songa ung songe assés merveilleux: car il luy fut advis que du hault ciel stellifere vit descendre la deesse venus clere & rutilant adornee de rays lumineux comme le souleil decoree de deadome reluisant & splendifere tenant en une main le brandon de feu duquel elle embrase les desirs des povres amoureux & en l'autre main l'arc turquoys & la sajette dequoy elle actaint l'oeil & va percer jusques au cuer Laquelle deesse estant en une nuee radiant luy declaira la mode de bien composer ung leurre pour actraire son faulcon & luy dist en ceste maniere
Venus