d'amours foyble et vaine

qui suit ceste trace

ne vit pas sans peine.

Comme les deux amans fussent tous deux partiz de la forteresse soubz la conduite de despoie qui les cuidoit mener jusques aux portes de mort/ l'un tira vers orient l'autre vers occidant & ne sceurent rien l'un de l'autre car leur partement fut tant soudain qu'ilz n'eurent loysir de conferer ensemble de leurs besongnes Or chevaucha le faulconnier sans prendre garde a son chemin sans tenir bride ne rene et sans piquer de l'esperon fist tant par ses journees qu'il arriva en une maison champestre laquelle par force de morbe pestilencial estoit totallement evacuee de gens & de bestes Illec mist pié a terre abandonna son cheval entra ou domicille/ s'assist sur le bort d'une couche commença a rememorer son cas ses doleurs/ son infortune Et fut en ceste cogitacion l'espace de cincq ou six heures sans demander ny a boyre ny a menger Mais aucunesfoys comme entre deux verdes une meure luy revenoit une pensee de la beaulté du faulcon & cela luy suffisoit pour opulente & plentureuse refection Et pour ce que nature humaine ne peut longuement durer sans aucune reffocillacion ou quietude de la longue atediacion & multiplicacion des regretz ennuis sur ennuis pleurs sur pleurs & cris sur cris furent cause de lui fayre cliner la teste & de sommelier ung petit

Cupido

Le faulconnier lors s'en dormit

mais durant sa dormicion

Cupido devant luy se mit:

en deifique vision

pour fayre revelacion