[10] T. I, p. 148.
[11] Ibid., p. 93.
[12] On trouve dans tous les historiens la mention des services qu’Aubriot rendit à la ville de Paris pendant sa prévôté, ainsi que le récit de sa disgrâce. J’aurai cependant occasion de parler de lui avec détail dans mon mémoire sur les Maillotins (voir t. I, p. 136). Je préciserai et j’appuierai de faits inédits les causes de ses malheurs. En attendant, je crois devoir consigner dans cette note l’extrait d’un récit contemporain de sa délivrance, que j’ai rencontré dans mes recherches, et qui donne sur le procès, la fuite et le lieu de la résidence de cet homme éminent des renseignemens qui paroissent avoir été inconnus à tous les historiens. Voici ce curieux document: «.....Il a commis hérésie et en fu en procès devant l’évesque et devant le maistre des hérites. Avant la sentence il supplia à l’ecglise qu’il fust réintégrez, et y fu receus et fu absols: et fu déclaré qu’il avoit esté hérites, et pour pénitence on li assigna les prisons de l’évesque de Paris; et pour la grant repentance qu’il avoit, l’évesque et le maistre des hérites le relevèrent de ce qui (qu’ils) porent et se li réservèrent la miséricorde de sainte Ecglise, et li ordenèrent pour prison le plus biau lieu de la tour de la maison épiscopal.» (C’est cette grande tour quarrée, crénelée, qu’on voit dans deux vues de l’église Notre Dame et de l’évêché, gravées par Israël Silvestre, et surtout dans la planche ayant quatre vers au bas: D’un costé, vous voyez, etc.) «Il ala voluntairement en prison pour faire sa pénitence et y demeura l’espace de dix mois. Le jour que les gens de ceste ville (Paris) furent esmeus il alèrent en la maison de l’évesque, et par force et violence rompirent les prisons. Et quant le giolier dist à messire Hugues que les gens de la ville l’estoient allé quérir, il dist que ne s’en iroit point, et li demanda une hache que tenoit; et le giolier li dist que ne li en bailleroit point, et que se il faisait semblant de soy mettre à défense, il les feroit tuer. Et finablement les gens de ceste ville le prindrent et mittrent sus un petit cheval et le menèrent en sa maison et disoient que le feroient leur capitaine. Après, il s’en volt retorner en prison, mais il fu conseillez par aucuns de ses amis qu’il s’en alast devers le pape.... Le suer (soir) il se parti de son hostel et se fist passer l’eaue par deux enfans», (il est remarquable de voir secondé dans sa délivrance par deux enfans l’homme qui avoit rendu aux juifs les enfans que leur avoit enlevés le peuple de Paris), «et à peines qu’il ne fu noiez. Il estoit malades et s’en ala par Bourgoigne, non pas par aucunes de ses maisons, et demoura malades seize jours à Mucé en Auxois» (Mussy-la-Fosse, anciennement du bailliage de Semur-en-Auxois plutôt que Mussy situé à 7 lieues de Mâcon), «et de là ala à Mascon, et illec aussin demoura malades et se fit mettre en l’eaue, et ala jusques à Avignon. Il ne pot pas parler ne si tost avoir assès (accès) au pape, mais il parla à un cardinal et li dist et exposa tout ce que dit est et se soubmist en l’ordenance du pape. Le pape et le collége li ordenèrent lieu où il seroit et fu bonne pièce à Sommières» (petite ville entre Montpellier et Nîmes. Il y avoit aussi un lieu ainsi nommé près Saulx en Bourgogne), «et a tousjours esté et est par l’ordenance du pape et du collége, etc.» Il est bon de savoir que ce récit présente la version d’Hugues Aubriot lui-même, et il semble permis de douter qu’il eût si grande envie de rester dans les prisons de l’évêque.
J’ai parlé avec détail, t. II, p. 254, de la maison qu’Aubriot habita rue de Jouy, et j’ai donné la suite des propriétaires de cette maison (ultérieument rebâtie) de 1369 à 1573. J’ai appris depuis qu’elle avoit appartenu, à la fin du XVIIe siècle, à M. Nicolas de Jassaud, sieur de Lalande, conseiller d’État, et à Marie de Flandre, sa femme: puis à leur fils, M. Augustin Nicolas de Jassaud, marié en 1697 à Marie-Aimée Lottin de Charny. Une de ses filles, Angélique-Geneviève de Jassaud, la possédoit en 1772, qu’elle épousa M. Macé, secrétaire du roi. Cette dame mourut en 1776, et légua à ses deux nièces cette maison, connue encore dans le quartier sous le nom d’hôtel Jassaud. Elle appartient aujourd’hui à M. de Courmont, conseiller-maître à la cour des comptes, qui a bien voulu me la faire voir en détail. Il existe encore dans une pièce du rez-de-chaussée quelques restes d’ornemens paroissant remonter au règne de Louis XV. Les lettres A. N. D. J. entrelacées (Augustin-Nicolas de Jassaud) se font voir au plafond. Il y a sous la cour deux étages de caves. Cette maison été divisée au XVIIe ou au XVIIIe siècle; la partie qui fait le coin de la rue Percée paroît être depuis longtemps une propriété distincte.
[13] T. II, p. 85 et 86.
[14] T. I, p. 135.
[15] Mémoriaux de la chambre des comptes.
[16] Voir T. I, p. 67.
[17] Charles, duc de Guyenne, né le 6 février 1391 (mort le 11 janvier 1400); Isabelle, depuis reine d’Angleterre, née le 9 novembre 1389, et Jeanne, depuis duchesse de Bretagne, née le 24 janvier 1390. Elle eut encore une autre fille (Marie, religieuse à Poissy) le 24 août 1393.
[18] T. II, p. 142. Voy. ci-après p. XXXII, note 3.