[743] C’est l’hôtel de l’évêque de Beauvais, soit celui que paroît avoir possédé personnellement rue de la Verrerie, le célèbre Miles de Dormans, évêque de Beauvais, mort en 1387 (Sauval, II, 109), soit plutôt l’hôtel des évêques de Beauvais, rue des Billettes, qui appartenoit à leur évêché, et que Charles, cardinal de Bourbon, vendit 30 000 livres en 1572 (Père Anselme, II, 303). Sauval n’a pas su où étoit situé cet hôtel.—On lit dans la relation de l’ambassade de Jérôme Lippomano en France, en 1577, que les concierges des maisons de Paris les louoient au jour ou au mois pendant les absences de leurs maîtres (Amb. vénitiens, 1838, in-4º, II, 609); c’étoit déjà l’usage au XIVe siècle, car il est dit plus loin que Jean Duchesne paya les 4 francs mentionnés ici au concierge de l’hôtel de Beauvais, qui lui loua aussi des tables, tréteaux, etc. La chapellerie signifie ici les chapeaux ou couronnes de fleurs.

[744] Il y avoit en 1385 un Jehan Duchesne attaché au Châtelet, peut-être en qualité d’audiencier, qui, suivant toute apparence, est le même dont l’auteur du Ménagier nous raconte les noces. Il est cité dans les registres des plaidoiries civiles du parlement de février 1384 (5). Il y est dit qu’il y avoit alors plusieurs meschans femmes diffamées d’estre maq......es, et que le prévôt de Paris avoit ordonné qu’elles fussent enfermées au Châtelet. Un jour, une femme nommée Perrette Potarde (femme de J. Potard, chevaucheur de la reine Blanche), petitement renommée, passoit par la rue Simon-le-Franc. Là étoient Martin Double, avocat du roi au Châtelet, Jehan du Chesne et plusieurs autres, qui affirmèrent à un sergent qu’elle étoit du métier proscrit par le prévôt. Quelque temps après, elle vint au Châtelet, en bas en l’auditoire des audienciers; Jehan du Chesne l’ayant aperçue, la montra du doigt à Jehan Soudant examinateur au Châtelet, si comme il voulsist dire: C’est elle, prenez-la. Soudant l’ayant fait arrêter par un sergent, on la conduisoit dans les prisons du Châtelet, lorsqu’en arrivant au guichet elle cria qu’elle en appeloit, mais Martin Double passant là, dit au sergent: Boutez hardiment puisqu’elle est si près. Perrette plaidoit contre Soudant et le sergent, et les accusoit de l’avoir sacrifiée aux haines de Jean du Chesne et autres; en effet, Soudant fut condamné à 40 liv. de dommages et 60 liv. d’amende.

[745] S. e. renfermées.

[746] Passage bien curieux pour l’histoire du service de table. Il y avoit, outre le dressoir de salle où étoit la vaisselle, le vin, etc., un dressoir de cuisine où l’on dressoit les plats, et d’où ils étoient apportés sur la table. Voir sur ce second dressoir, la p. 115, et l’apologie du duc de Bourgogne déjà citée, p. 115, note 2.

[747] Var. C. servans.

[748] Var. B. laver.

[749] Pour faire asseoir, pour placer les convives.

[750] Marchande de couronnes de fleurs.

[751] Repas ou fête donnée (quelquefois rendue par les parents des mariés) le lendemain des noces ou quelques jours après. On disoit en Normandie Racroc de noces (Voy. du Cange au mot Receptum) et à Troyes Regaust. (Parl. Criminel, XI, 5 déc. 1384.) Voy. sur le regard, pages 122 et 123.

[752] On sait qu’autrefois le lit nuptial étoit béni; on voit même dans une miniature du Chevalereux comte d’Artois, reproduite dans l’édition curieuse qu’a donnée M. Barrois de ce joli roman (p. 27), un prêtre bénissant le lit dans lequel le comte d’Artois et sa nouvelle épouse sont déjà couchés.