TABLE
DES PIÈCES PRÉLIMINAIRES, DISTINCTIONS, ARTICLES ET CHAPITRES
DU
M É N A G I E R D E P A R I S.

TOME PREMIER.
PRÉLIMINAIRES.

Liste de la Société des Bibliophiles.

Table des pièces préliminaires, distinctions, etc.

Notice sur M. le duc de Poix, par M. L. V. D. N., membre de la Société

[Page I]

Introduction au Ménagier

[XVII]

Indication détaillée de quelques ouvrages ou documens manuscrits et imprimés cités en abrégé dans l’Introduction et les notes

[LXV]

Corrections et additions

[LXXVII]
TEXTE.

Prologue de l’auteur

[1]
PREMIÈRE DISTINCTION.
ARTICLE PREMIER.

Saluer et regracier Dieu à son esveiller et à son lever, et s’atourner convenablement

[9]
ARTICLE II.

S’accompagner convenablement

[15]
ARTICLE III.

Aimer Dieu, le servir et se tenir en sa grâce

[Page 16]

De la messe, [17].—Contrition, [21].—Confession, [23].—Des péchés mortels, [28].—Des sept vertus, [53].

ARTICLE IV.

Garder continence et vivre chastement

[62]

De Susanne, [64].—De Raymonde, [68].—De Lucrèce, [70].—Des reines de France, 75, [76].

ARTICLE V.

Être amoureuse de son mari

[76]

D’Ève, [77].—De Sara, [78].—De Rachel, [84].—Du chien Maquaire, [92].—Du chien de Niort, [93].

ARTICLE VI.

Être humble et obéissante à son mari

[96]

Histoire de Griselidis, [99].—Femme laissant noyer son mari, [126].—D’Ève, [128].—De Lucifer, [129].—D’une bourgeoise, [135].—Du bailly de Tournay, [139].—Des abbés et des mariés, [145].—De madame d’Andresel, [148].—Des maris de Bar-sur-Aube, [153].—D’une cousine de la femme de l’auteur, [156].—De la Romaine, [158].

ARTICLE VII.

Être curieuse et soigneuse de la personne de son mari

[168]

Bons traitemens, [168].—Des puces, [171].—Des mouches, [173].

ARTICLE VIII.

Être discrète

[177]

De Papirius, [179].—De la femme qui pond un œuf, [180].—Des mariés de Venise, [182].—D’un sage homme parisien trompé par sa femme, [183].—D’un notable avocat, [185].

ARTICLE IX.

Reprendre doucement son mari dans ses erreurs

[185]

Histoire de Mellibée, [186].—De Jehanne la Quentine, [237].

TOME II.
SECONDE DISTINCTION.
ARTICLE PREMIER.

Avoir soin de son mesnage, diligence et persévérance

[1]

Le Chemin de Pauvreté et de Richesse, par Jean Bruyant

[4]
ARTICLE II.

Du jardinage

[43]
ARTICLE III.

Choisir varlets, aides et chambrières, et les mettre en œuvre

[53]

Jeune femme parlant grossièrement, [60].—Soins de la maison, [61].—Vie à la campagne, [62].—Recettes diverses, [65].—Des domestiques, [70].—Des chevaux, [72].

ARTICLE IV.

Savoir ordonner dîner et soupers

[80]

Le fait des bouchiers et poulaillers, ib.—Termes généraux de cuisine, [87].—Dîners et soupers, [91].—Aucuns incidens servans à ce propos (repas de l’abbé de Lagny, noces, etc.), [103].{v. 1, p.i}

ARTICLE V.

Commander, deviser et faire faire toutes manières de potaiges, etc., et autres viandes

[124]

Termes généraux de cuisine, ib.—Potages communs sans espices et non lians, [134].—Potages qui sont à espices et non lians, [147].—Potages lians de char, [158].—Potages lians sans char, [171].—Rost de char, [177].—Pastés, [185].—Poisson d’eaue doulce, [187].—Poisson de mer ront, [194].—Poisson de mer plat, [201].—Œufs de divers appareils, [206].—Entremès, fritures et dorures, [210].—Autres entremès, [224].—Saulces non boulies, [229].—Saulces boulies, [232].—Buvrages pour malades, [237].—Potages pour malades, [241].—Autres menues choses qui ne sont de nécessité, [243].—Autres menues choses diverses qui ne désirent point de chappitre, [262].

Appendice a l’article v

[273]

Recettes d’Hotin, cuisinier de monseigneur de Roubais

[275]
TROISIÈME DISTINCTION.
ARTICLE II (ET UNIQUE).

Savoir nourrir et faire voler l’esprevier

[279]

Chiens espaignols, [281].—Éperviers niais, [285].—Plumage de l’épervier, [292].—Affaitement de l’épervier, [295].—Vol des champs, [301].—Chasse en août, [305].—Chasse en septembre, [310].—Épervier en mue, [311].—Épervier branchier et mué de haie, [314].—Mué et hagart, [317].—Maladies de l’épervier, [319].—De l’autour, [321].—Autres oiseaux de proie, [323].—Maladies des oiseaux, [325].

Table alphabétique des matières

[327]

Supplément aux corrections

[380]

{v. 1, p.ii}

NOTICE
SUR
M. J U S T E D E N O A I L L E S
PRINCE-DUC DE POIX
CHEVALIER DES ORDRES DU ROI, GRAND D’ESPAGNE DE PREMIÈRE CLASSE
ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE EN RUSSIE
ANCIEN DÉPUTÉ, ETC.
MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES FRANÇAIS

{v. 1, p.iii}

NOTICE
SUR
M. LE DUC DE POIX[2].

Multis ille quidem flebilis occidit,
Nulli flebilior quam mihi.....
Horat., od. XXIV, l. I.

Il est des hommes que le monde ignore et qui passeraient inaperçus grâce à l’excès de leur modestie, si leur mérite ne se révélait à leur insu par l’utilité de leur vertu. Ces sortes de caractères ne se manifestent que malgré eux au grand jour, leur sagesse les retient dans la retraite, et beaucoup finissent, comme l’a dit quelque part Montesquieu, sans avoir déballé. Ceux que les liens du sang ou de l’amitié ont rapprochés d’eux, doivent au monde de les faire connaître; c’est à la fois un encouragement pour la jeunesse et une{v. 1, p.iv} consolation pour l’âge avancé qu’un hommage rendu à ces existences à la fois élevées et modestes, placées ainsi à la portée de toutes les émulations. M. le duc de Poix était un modèle de ce genre de caractère. L’auteur de cette notice lui tenait par les liens du devoir et de l’affection: ayant eu le bonheur de jouir de son mérite dans l’intimité la plus resserrée, il ose espérer que cet avantage lui vaudra celui de le faire connaître avec plus de vérité que personne: c’est son seul titre à l’indulgence de ceux qui le liront.

Juste-Antonin-Claude-Dominique de Noailles, prince-duc de Poix, naquit à Paris le 8 août 1777, de parents tendres et chéris dont il était le second fils. Son père le prince de Poix, fils aîné du vertueux maréchal duc de Mouchy, mort sur l’échafaud en 1794, avait épousé la fille du maréchal de Beauvau. Les vertus et les charmes de la princesse de Poix ont enchanté tous ceux qui l’ont rencontrée et laissé une sorte de culte dans les cœurs admis à son intimité. Elle s’occupa de l’éducation de son second fils d’une façon toute particulière, et l’influence de cette première partie de la vie du jeune Juste de Noailles s’étendit sur le reste de son existence de manière à le modifier fortement: elle le préserva de la gâterie presque inévitable à laquelle il était condamné par position. Il ouvrit les yeux au milieu des dernières prospérités de sa famille; lui et son frère, plus âgé que lui de six ans, semblaient alors destinés{v. 1, p.v} aux plus hautes situations du pays. Ces beaux jours durèrent peu: Juste de Noailles en connut pourtant assez pour garder de précieux souvenirs de ces derniers moments de la société française dont le salon de sa mère était peut-être le plus parfait modèle. La princesse de Poix rassemblait autour d’elle un petit cercle d’amis presque tous remarquables par des mérites divers, que sa supériorité avait distingués dès son entrée dans le monde; quelques femmes, ses amies de jeunesse, modèles d’esprit et de grâce, des hommes attachés à la cour ou mêlés aux affaires et à la littérature, tous réunis par le charme de son commerce, l’entouraient de soins que sa mauvaise santé rendait consolants pour elle et doux pour ses amis. Le prince de Poix, marié très-jeune et dans la plus haute faveur à la cour, n’était pas un mari aussi sédentaire que son vénérable père, mais il eut toujours le bon goût de préférer à tout la société de sa femme et de ses amis.

Cette société, au début de notre terrible révolution, était de celles qui non-seulement ne s’en effrayaient pas, mais dont les vœux et les opinions favorisaient les premières manifestations du mouvement réformateur. M. de La Fayette et la brillante jeunesse qui l’avait suivi en Amérique, bien des grands seigneurs amis de Voltaire et enthousiastes de Rousseau, beaucoup de courtisans dévoués à M. Necker, tous ces esprits enflammés d’ardeur pour le bien, de désir des réformes{v. 1, p.vi} utiles, animés des plus généreux sentiments, se livraient alors à de bien douces espérances et rêvaient la régénération de leur pays, dût-elle se réaliser aux dépens de ces priviléges dont ils furent les premiers à se dépouiller au profit de ceux qui devaient être leurs bourreaux.