«Je ne suis pas assez riche, bonne femme, pour vous donner l'aumône deux fois par semaine.»
La pauvre femme répondit sans oser lever les yeux:
«Que Votre Grandeur daigne m'excuser; mais mon mari est depuis longtemps alité et tourmenté de si grandes douleurs!...
—S'il en est ainsi, s'écria l'évêque, je ne saurais vous refuser, car, pour des cas semblables, j'ai toujours une somme en réserve. Je veux voir aussi votre mari et lui apporter quelques consolations spirituelles.»
À ces mots, la pauvre femme se montra inquiète et embarrassée:
«Que Votre Grandeur ne se dérange pas... Mon mari a de singulières idées.
—Malgré cela je réaliserai mon projet, interrompit sérieusement l'évêque qui se figura que cette maladie attribuée au mari était un prétexte pour obtenir un secours plus abondant.
—Il faut donc que je vous avoue franchement, dit la pauvre femme tout en larmes, que mon mari est si profondément irréligieux qu'il ne veut entendre parler d'aucun prêtre.
—Cela ne m'empêchera pas de l'aller visiter, d'autant qu'il est, je le vois, doublement malade. Peut-être, humble instrument de Dieu, pourrai-je le ramener dans la bonne voie.»
La pauvre femme courut avec le coeur inquiet près de son mari; il souffrait beaucoup, elle n'osa lui annoncer la visite qu'il allait recevoir.