—Nous sommes-nous bien rendu compte de toutes les branches de l'industrie du Jura? demanda Hélène.
—Je le crois, dit Mme Durand. Si nous étions dans la saison d'hiver, je vous conduirais dans quelques-unes de nos fermes, où l'on fabrique, pendant les veillées, certains articles d'horlogerie. Mais vous arrivez trop tôt pour cela. Je ne vois donc plus à vous signaler, dans notre département, que la fabrique de mouvements de pendules de Morez.
—L'horlogerie! voilà encore une industrie à étudier, dit Hélène.
—Sous le rapport commercial seulement, dit Lucien, car je ne pense pas que nous puissions nous initier rapidement aux combinaisons assez compliquées des horloges et des montres.
—C'est vrai, fit Hélène, mais il y a aussi le côté historique de cette industrie. Pourrais-tu me dire, par exemple, de quelle façon l'on se rendait compte de l'heure dans l'antiquité?
—Certainement. On mesurait alors le temps au moyen soit de cadrans solaires, soit de clepsydres, ou horloges d'eau.
—Je sais ce que c'est qu'un cadran solaire, fit Paul. J'en ai vu un sur le Pont-Neuf; il est peint sur une haute muraille. Les heures sont disposées en demi-cercle, et l'ombre d'une aiguille inclinée qui se trouve au milieu se dirige sur l'heure—quand il fait du soleil, bien entendu. Mais, comment étaient construites les clepsydres?
—On leur donnait les formes les plus variées, mais toutes mesuraient le temps par l'écoulement d'une certaine quantité d'eau qu'elles contenaient.
—C'était alors comme le sablier dont notre pauvre Javotte se servait pour faire cuire des œufs à la coque? La quantité de sable tombée lui indiquait si l'œuf était ou non cuit à point.
—Parfaitement. Ces sabliers ont d'ailleurs servi aussi, autrefois, à indiquer l'heure.