Ce changement paraît insignifiant, et cependant je le répète, il est de la plus grande importance. Car il faut partir de ce fait vrai, que sur onze cents détenus qui aujourd'hui écoutent tinter l'horloge de Mazas, un dixième au plus possède une montre.

La nourriture réglementaire.

La nourriture de la maison consiste en deux repas, l'un à huit heures du matin, l'autre à trois heures. Le premier repas consiste en une gamelle de bouillon avec du bœuf. J'ai goûté de ce bouillon, que je n'hésite pas à déclarer supérieur à celui que débitent bien des gargottes de ma connaissance. À trois heures, une gamelle de légumes, haricots, pois cassés. Un pain d'une livre, pain noir, dit de munition. J'en avais mangé au dépôt de la préfecture de police et préférai m'abstenir ici.

Pour ceux qui n'acceptent pas la nourriture réglementaire, les ressources ne manquent pas.

D'abord la cantine desservie par le surveillant, vin, œufs, fromage et charcuterie. Puis le commissionnaire qui, moyennant une bonne main de dix centimes, va chercher au dehors les plats que vous lui désignez.

Dépenses.

Pour l'édification de mes lecteurs, je transcrirai ici deux de mes notes:

Du 5 décembre:
Pain.0 25
Vin.0 80
Café au lait, pain et beurre.0 50
Bifteck.0 60
Œufs sur le plat.0 30
Fromage.0 20
Café.0 40
Total.3 05
Du 6 novembre: