I.
TRANSPORT AU BAGNE.
Pendant longtemps, le transport des condamnés se fit à pied, par étapes, en réunion de forçats dont l'ensemble dépassait quelquefois le nombre de deux cents. On donnait à cette longue série de malfaiteurs le nom de chaîne.
II.
LE FERREMENT.
Le ferrement des galériens s'effectuait à Bicêtre et se composait d'un collier espèce de carcan dont le boulon était solidement rivé. De ce collier partait un chaînon qui descendait à la ceinture, pour monter de ce point au collier du forçat voisin et ainsi de suite jusqu'à l'extrémité de la colonne, rattachée dans son ensemble au moyen d'une chaîne générale.
III.
L'INSTALLATION.
Aussitôt que le forçat est rendu à destination, il perd son caractère d'homme; il n'est même plus une chose: un numéro sur la matricule du bagne, et c'est tout. On lui rase la tête, on le dépouille de ses vêtements, que l'on remplace par le costume réglementaire.
IV.
LE TROUSSEAU DU FORÇAT.
Ce trousseau se compose comme suit: deux chemises de grosse toile écrue.
Le Mouy, veste rouge en étoffe de laine très-commune, sans collet ni bouton.
Deux larges pantalons, soit en étoffes semblables à celle de la veste, soit en toile écrue suivant la saison.