Il y avait aussi une autre sorte de torture: Les brodequins consistaient alors en quatre fortes planches liées avec des cordes tout autour. Les jambes étaient emboîtées entre ces quatre planches et on les serrait; puis, on passait des coins entre les deux côtés des planches qui séparaient les deux jambes. Les coins les écartaient et rejetaient l'effort sur les os des jambes qui se luxaient, se tordaient ou se brisaient. La question ordinaire était de quatre coins, la question extraordinaire de huit.
V.
LA CANGUE.
Supplice usité en Chine. La cangue est une table pesante dans laquelle il y a trois trous, l'un pour passer la tête et les deux autres pour recevoir les mains. Le coupable est quelquefois condamné à la porter pendant plusieurs mois, quelquefois même pendant plusieurs années.
VI.
LE CARCAN.
Le condamné est mené à pied, les deux mains liées et attachées derrière la charrette de l'exécuteur des hautes-œuvres, jusqu'à un poteau planté sur la place publique; à ce poteau est attachée une chaîne au bout de laquelle pend un collier de fer de trois doigts de largeur, ayant une charnière pour l'ouvrir. On fait entrer le cou du patient dans ce collier qu'ensuite on ferme avec un cadenas. Il reste dans cet état, aux termes de son arrêt, plus ou moins d'heures.
Le carcan de Perse diffère de celui que nous venons de décrire: il est long d'environ trois pieds et composé de trois pièces de bois, dont l'une est plus courte que les autres, ce qui forme un triangle allongé. Celui qui le porte a le cou pris vers le sommet du triangle, tandis que sa main est attachée à l'extrémité. Il peut aller et venir dans cet état, mais il doit avoir toujours un garde avec lui.
VII.
LE POTEAU À PERPÉTUITÉ.
L'empereur d'Allemagne, Joseph II, sous le prétexte d'abolir la peine de mort, imagina d'attacher le condamné à un poteau pour toute sa vie, sans qu'il pût ni remuer ni se coucher. On lui apportait sa nourriture, du pain, de l'eau et quelquefois de la soupe.
VIII.
QUESTIONS PAR L'EAU.
Lorsque l'accusé avait entendu la lecture de sa sentence, on le faisait asseoir sur une espèce de tabouret de pierre, on lui attachait les poignets à deux anneaux de fer distants l'un de l'autre derrière son dos, puis les deux pieds à deux autres anneaux qui tenaient à un autre mur devant lui, on tendait toutes les cordes avec force, et lorsque le corps du criminel commençait à ne se plus pouvoir étendre, on lui passait un tréteau sous les reins, ensuite on tendait encore les cordes. Le questionnaire tenait d'une main une corne de bœuf creuse, de l'autre il versait de l'eau dans la corne, et en faisait avaler au criminel quatre pintes pour la question ordinaire, huit pintes pour la question extraordinaire. Un chirurgien faisait suspendre la question, suivant qu'il sentait faiblir le pouls du patient.