II.
LE SUPPLICE DU BRAHMINE.

Lorsqu'un Brahmine des bords du Gange a commis quelque faute, il tombe au rang des parias; et sa famille est vouée à l'exécration. Il peut racheter les siens, et s'assurer l'éternité de vie heureuse en se soumettant à cet horrible supplice.

Au bout d'un mât semblable à ceux qui, dans nos fêtes publiques, servent aux divertissements populaires, est placé un pivot de fer sur lequel se trouve posée horizontalement, par le milieu, une longue pièce de bois d'où pendent à chaque extrémité quatre cordes de la hauteur du mât. Sur des côtés, au bout des cordes, sont fixés quatre forts crochets de fer semblables à des hameçons. On fait approcher de cette bascule infernale le brahmine qui veut racheter sa caste; deux de ces crochets aigus lui sont fortement enfoncés dans les chairs de chaque côté des vertèbres dorsales et les deux autres sont appliqués plus bas à la jonction des lombes. Dans cet état ses parents eux-mêmes l'élèvent par les cordes de l'autre extrémité jusqu'à la moitié du mât et s'élançant avec force dans l'arène homicide, ils contemplent en l'air, avec calme, le malheureux décrivant un vaste cercle que son sang reproduit sur la terre. Mais les chairs se déchirent, des lambeaux s'en détachent; il tombe mourant aux pieds de ses bourreaux, demande le pardon de sa faute, et attend la mort sans se plaindre. On accourt cependant, on s'empresse, on l'entoure; vous croyez sans doute qu'on va lui prodiguer des secours? Non, le martyre n'est pas complet: on frotte ses plaies avec de la boue du fleuve qui seule peut achever sa purification; on lui en met dans la bouche, dans le nez, dans les oreilles, et dans cet état horrible, vivant encore, le Gange entr'ouvre ses eaux pour recevoir son dernier soupir!

III.
SUPPLICE DE L'ARBRE.

Pour rétablir la discipline dans les troupes romaines, l'empereur Aurélien ordonna des peines très-sévères contre les soldats qui oseraient l'enfreindre.

À deux grosses branches d'arbre que l'on avait fait fléchir en les attirant vers le sol, on attachait les pieds du soldat coupable; ces branches qu'on abandonnait ensuite à leur impulsion reprenant vivement leur élasticité se partageaient le corps de ce malheureux. On clouait certains criminels à un arbre par les parties naturelles.

Voici une horrible histoire racontée par Saint-Edme:

L'orme qui existait autrefois proche la ville de Meaux et connu sous le nom de l'arbre de Vauru, rappelle dans les annales françaises de cruels souvenirs: Ce nom lui venant de deux gentilshommes qui, pendant les guerres civiles du règne de Charles VI, commandaient dans cette ville pour le parti des Armagnacs.

Le bâtard de Vauru arrêta dans les champs un jeune villageois qui travaillait à la terre, le lia à la queue de son cheval, le traîna jusqu'à Meaux et le mit si fort à la gêne que le jeune homme pour faire cesser les tourments qu'il endurait, promit de payer la somme qu'on lui demandait, et beaucoup au-dessus de ses moyens. Il manda à sa femme le danger où il était et l'argent qu'il lui fallait pour le sauver du supplice ou de la mort.

Sa femme jeune, belle, et désespérée du malheur de son époux, accourut vers ses bourreaux, espérant les toucher par sa jeunesse, ses larmes et ses prières, ou au moins, obtenir une diminution de la somme excessive qui était exigée. Vauru déclara à la jeune épouse que si elle n'apportait pas, à un jour qu'il lui indiqua, la somme demandée, son mari serait pendu.