On entendit alors plusieurs voix émues proférer les mots: «Que Dieu te pardonne.» Les deux bourreaux bandèrent les yeux du condamné et la couvrirent d'un suaire, qu'ils eurent un peu de peine à mettre. On le conduisit du pilori à la potence. La corde fut passée au cou, sur un signe du grand-maître de police, Karakozof fut lancé dans l'éternité.
La mort fut instantanée; il ne remua que deux ou trois fois, et l'on vit aussitôt le cadavre se raidir. À sept heures et demie on le descendit du gibet et on le plaça dans un cercueil noir.
XXIV.
LE GARROT.
Ce supplice est actuellement en usage en Espagne pour les exécutions publiques.
Le patient est assis sur un échafaud, le derrière de la tête appuyé sur un poteau, un collier de fer lui tient le cou. Le bourreau se tenant derrière le poteau, tourne vivement un tourniquet qui serre le collier, et le patient est étranglé.
Dès que l'exécuteur des hautes œuvres a rempli son triste mandat, il est entouré par les gendarmes, qui lui posent les menottes et le conduisent dans un des cachots de la prison. Quelques heures après, se présente un greffier ou escribano, accompagné de l'alguazil.
Le bourreau est appelé à comparaître, et aussitôt s'entame le dialogue suivant:
—Vous êtes accusé d'avoir tué un homme, dit l'escribano.
—Oui, c'est la vérité, répond le bourreau.
—Pourquoi avez-vous accompli ce meurtre?