Une compagnie d'ingénieurs marchait en tête du funèbre cortége, que fermait un escadron de cavalerie.

Le temps était splendide. Partout, sous les rayons du soleil, la vie et l'animation! On entendait les marchands crier: la fresca! la fresca! cirillas, cirillas!—Des verres d'eau fraîche et du feu pour les cigarettes.

Les chansons de la multitude et le carillon des clochettes des mules imprégnaient pour ainsi dire l'air de joyeuses mélodies.

—Quel beau jour pour mourir! dit le capitaine Espinosa à son confesseur.

On était arrivé sur le lieu de l'exécution.

Après avoir entendu la lecture de sa sentence, le condamné s'avança au pied du mur où il devait se tenir pour recevoir la fatale décharge.

—Amis, s'écria-t-il d'une voix sonore, pardonnez-moi toute la peine que je vous donne, et surtout pas de faiblesse! Il me reste une grâce à vous demander, celle de viser droit au cœur!

La prière de l'infortuné Pedro fut exécutée. Deux secondes après, il tombait foudroyé; sur douze balles, huit avaient porté en pleine poitrine.

Les troupes qui avaient formé le carré défilèrent devant le cadavre, que les membres de la confrérie de la Paix et de la charité enlevèrent ensuite pour le porter au cimetière général.

XVIII.