«Le Souverain, dans son insigne bonté, vous avait accordé le droit de rester couvert devant son glorieux drapeau; vous vous êtes rendu indigne de cet honneur, sa justice vous l'enlève!»
Un soldat qui se tenait derrière le condamné jeta le chapeau à terre.
Benito tressaillit.
Après un moment de silence, l'adjudant reprit:
«L'épée qui vous avait été donnée pour combattre les ennemis de la reine, vous l'avez souillée; l'arme d'un loyal soldat ne doit pas rester dans la main d'un traître: qu'elle soit brisée, pour l'exemple de tous, et pour votre propre honte!»
Un soldat tira l'épée du fourreau, et, l'ayant brisée, en jeta les morceaux devant le condamné.
Benito jeta un cri étouffé.
Enfin, après un second silence, l'adjudant reprit encore:
«Dépouillez maintenant cet homme de l'uniforme qui servit à le confondre avec d'honnêtes et loyaux soldats; qu'il subisse le châtiment que mérite son crime, que son corps soit livré au supplice, et que Dieu ait son âme!»
Benito était livide. Deux soldats lui délièrent les mains et arrachèrent son uniforme. Le peloton chargé de l'exécution s'avança.