XXX.
LA PENDAISON AU MOYEN ÂGE.

Le criminel condamné à la potence devait avoir trois cordes au cou: les deux premières, de la grosseur du petit doigt et appelées tortouses, avaient chacune un nœud coulant et servaient à étrangler le patient; la troisième, appelée le jet, ne servait qu'à jeter le patient hors de l'échelle.

Arrivé à la potence où était appuyée et liée une échelle, le bourreau montait le premier à reculons, et aidait au moyen d'une corde le criminel à monter de la même façon.

Puis le bourreau, se tenant des mains aux branches de la potence, à force de secousses et de coups de genoux dans l'estomac, terminait le supplice par la mort.

XXXI.
LA PENDAISON EN AMÉRIQUE.

Fortuné Wright, soldat au 96e régiment d'infanterie de couleur, a été pendu le 22 de ce mois à la Nouvelle-Orléans.

Il y a quelques mois, le juge Scott et le docteur Octavius Trezevant passant dans une rue de Carolton, virent un soldat de couleur qui battait une négresse, et ils s'interposèrent en lui reprochant sa brutalité.

Le soldat, qui était ivre, retourna sa colère contre ses deux messieurs, et frappa avec un couteau-poignard le docteur Trezevant, qui expira bientôt après. Le meurtrier fut condamné à mort par une commission militaire, et la sentence fut approuvée par le général Canby.

Au jour fixé pour l'exécution, les autorités militaires, dans le but de faire un exemple, avaient déployé un appareil extraordinaire. Les rues de la ville étaient dès le matin encombrées de troupes et de nègres accourus de toutes les localités environnantes. Un grand nombre d'entre eux se réjouissaient hautement de l'espoir d'obtenir un bout de la corde qui devait servir au supplice, pénétrés de l'idée superstitieuse qu'un pareil objet est un talisman qui préserve de tous les maux.

Fortuné Wright était un nègre de grande taille, vigoureux et parfaitement noir. Il a montré un sang-froid inébranlable, et aucune émotion n'a paru sur ses traits pendant toute la durée de la cérémonie. Il était en petit uniforme et d'une tenue irréprochable.