«—Malheureux! leur dit notre artiste, respectez les restes du grand Montmorency, GUILLOTINÉ pour avoir combattu avec le peuple contre le roi, les prêtres et la noblesse.
«Et le tombeau fut respecté.
«En terminant, j'admire combien le peuple le plus spirituel de la terre est ignorant sur les choses les plus saillantes de son histoire nationale.»
II.
Les cachots des condamnés à mort.
C'est, suivant l'usage, le lendemain même de sa condamnation que Castex, l'un des auteurs du crime commis à Saint-Denis, fut transféré à la Roquette. Il y a été placé dans l'une des cellules,—il y en a trois,—disposées pour recevoir les condamnés à mort. Contrairement à une croyance faussement accréditée et à des descriptions imaginaires, ces cellules n'ont rien de commun avec ce qu'on appelle un cabanon. Ce sont de vastes chambres, parquetées, de quatre mètres de largeur sur cinq environ de hauteur, où de grandes fenêtres, prenant jour sur le préau, distribuent abondamment l'air et la lumière.
Le mobilier consiste en un poële en faïence, deux chaises en bois blanc foncées de paille, une couchette en fer garnie de deux matelas et dont le linge est renouvelé tous les vendredis, plus une planche étagère fixée au-dessus du lit; les cellules sont lavées à l'eau de chaux chaque fois qu'un nouvel hôte les occupe, ce qui relègue dans le domaine de la fantaisie les diverses inscriptions dont on prétend que les murs de ces réduits sont couverts. Le régime des détenus se compose à l'ordinaire de soupe et de légumes, auxquels, deux fois par semaine, on ajoute de la viande.
Pour les condamnés à la peine capitale, le règlement, s'ils le demandent, permet de doubler la ration.
III.
Exécution de Poncet.
Nous choisissons comme type d'exécution celle de l'assassin Poncet, tels que les détails ont été publiés par le Figaro:
«Un grand crime vient d'être expié: ce matin a eu lieu à Versailles l'exécution de Barthélemy Poncet, condamné à mort, le 13 janvier dernier, par arrêt de la cour d'assises de Seine-et-Oise, pour crime d'assassinat sur la personne de M. Thomas Lavergne.