PENDULE. s. m. poids attaché à une corde, ou à une verge de fer, lequel étant agité une fois, fait plusieurs vibrations jusqu'à ce qu'il se soit remis en repos. Les vibrations du pendule contiennent un espace de temps parfaitement égal. Un pendule de trois pieds huit lignes & demie marque les secondes, & en Musique la mesure égale ou binaire. Galilée a le premier écrit & fait des observations sur le mouvement du pendule. On a trouvé par le moyen du pendule qu'un corps pesant en tombant, parcourt en une seconde de temps, un espace de quinze pieds & un pouce, mesure de Paris. On se peut servir du pendule comme d'une mesure invariable & universelle pour les lieux les plus éloignez & les siécles les plus reculez, par le moyen d'une vibration qu'on aura trouvée être précisément d'une seconde de temps selon le mouvement du Soleil: car si par exemple on trouve que le pied horaire (c'est ainsi que Monsieur Huggens appelle la troisiéme partie de ce pendule à secondes) étant comparé au pied de Paris, soit, comme il est en effet, en proportion de 864. à 881. il sera aisé de faire la réduction de toutes les autres mesures du monde à ces mêmes pieds par le calcul. Mouton Chanoine de Lion a fait aussi un beau traité de mensura posteris transmittenda, sur le même principe.
PENDULE. s. f. est une horloge de nouvelle invention qu'on fait avec un pendule qui en régle le mouvement égal par le moyen d'une ligne cycloïde, qu'on dit être inventée par M. Huggens, qui a fait un trés-beau Volume de horologio oscillatorio imprimé en 1673.
PENES ou PESNES en termes de mer se dit des bouchons d'étouppe attachez à un manche, qui servent aux calfateurs à goudronner un vaisseau, & le suifver & brayer.
PENNAGE. s. m. Terme de Fauconnerie. Tout ce qui couvre le corps de l'oiseau de proye. Pennage blond, roux, noir, baglé, fleuri, turturin, cendré, &c. Selon les diverses couleurs que les oiseaux portent en leur robbe. L'oiseau a quatre sortes de pennage: 1. le duvet qui est comme la chemise de l'oiseau proche sa chair; 2. la plume menuë qui couvre tout son corps; 3. les vanneaux qui sont les grandes plumes de la premiére jointure des aîles; 4. les pennes qui s'étendent jusqu'à la penne du bout de l'aîle qu'on appelle le cerceau.
PENNES ou PANNES, terme de Fauconnerie. Sont les longues plumes des aîles, celles de la queuë s'appellent balay. Les pennes croisées sont une marque de la bonté de l'oiseau. Toutes les pennes des aîles ont leurs noms, une, deux, trois, quatre, cinq, les rameaux & le cerceau; les pennes du balay pareillement, le milieu, la deux, la trois, &c. Les oiseaux ont 12. pennes à la queuë. Ce mot vient de penna.
Pennes se dit aussi des petites plumes qu'on met au bout d'une fléche, ou d'un matras pour les faire aller droit, d'où est venu le mot de trait bien empenné, & un matras desempenné. Les pennes se faisoient avec des plumes d'oye ou de gruë.
Penne, ou Pennache, en termes de Blason se dit des plumes d'oiseau qu'on met sur le Chapeau pour orner la tête, quand on les peint sur des écus: De Marolles porte d'azur à l'épée d'argent; la garde en haut d'or, accôtée de deux pennes ou pennaches adossées du second, c'est à dire, d'or.
Penne en termes de Marine est le point, ou le coin des voiles Latines, ou à tiers point.
PENNON. s. m. Etendart à longue queuë, qui appartenoit autrefois à un simple Gentilhomme: c'est proprement un guidon à mettre sur une tente. Il est opposé à banniére qui étoit quarrée: car quand on faisoit quelqu'un Banneret, la cérémonie étoit de couper la queuë de son pennon, d'où est venu un ancien Proverbe: Faire de pennon banniére; pour dire, passer à une nouvelle dignité. Il y a encore à Lion des Compagnies des quartiers qu'on appelle Pennonages, & leurs Chefs s'appellent Capitaines Pennons. Ce mot vient du Latin Pannus, parce que ces banniéres étoient autrefois faites de drap, ou d'autre riche étoffe, qui étoient comprises sous le même genre.
Pennon généalogique, est en termes de Blason un écu rempli de diverses alliances des Maisons desquelles un Gentilhomme est descendu, qui sert à faire ses preuves de noblesse. Il comprend les armes du pere & de la mere, ayeul & ayeule, bisayeul & bisayeule: il est composé de huit, de seize, de trente-deux quartiers, &c. sur quoi on dresse l'Arbre généalogique.