SUAGE. s. m. Terme de Marine. C'est le coust des graisses & des suifs dont il faut de temps en temps enduire le Vaisseau pour le faire couler plus doucement sur les eaux: à Marseille on le nomme aussi sperme, dont on a fait esparmer ou espalmer. Le Suage est compté entre les menuës avaries.

Suage. En termes d'Orfévres, ou Doucine, est un ornement semblable à la Doucine d'Architecture, ou une espéce de quart de rond, qui se fait en plusieurs piéces d'orfévrerie, & particuliérement sur le pied des aiguieres, des flambeaux & autres ouvrages semblables.

SURSOLIDE. s. m. Terme d'Algébre. C'est la quatriéme multiplication, ou puissance de quelque nombre que ce soit pris pour racine. Ainsi le nombre de deux pris pour côté ou racine, multiplié par soi-même produit 4, nombre quarré, qui est la premiére puissance, & 4 multiplié par 2, produit 8, nombre cube & solide, qui est la seconde puissance de la racine 2, & 8 multiplié par 2, produit la troisiéme puissance 16 nombre quarré de quarré & 16, multiplié par 2, produit 32, qui est sa quatriéme puissance, ou nombre Sursolide.

SECONDINES ou Secondes. s. f. Terme de Medecine qui se dit des Tayes ou Membranes qui enveloppent le Fetus dans le Ventre de la mere, qu'on appelle ainsi parce qu'elles sortent les derniéres dans l'accouchement, c'est ce que les Matrones appellent l'Arriére faix, Hippocrate dit que les jumeaux sont enveloppez en une même Secondine. Mr. Grew dans son Anatomie des Plantes a appellé Secondine, la quatriéme & derniére enveloppe des Graines, parce qu'elle est à peu prés dans les Plantes, ce que sont dans les Animaux les membranes qui enveloppent le fetus.

SIVADIERE. s. f. Terme de Marine. C'est la voile de Beaupré, qui est la plus basse du bâtiment & qui prend le vent à fleur d'eau.


T.

TEINDRE. v. act. Terme de negoce. Préparer une étoffe, ou un autre corps avec des sels, liqueurs, ou drogues colorantes, en telle sorte qu'ils paroissent d'une certaine couleur. On teint les draps, les laines, les soyes & les toiles en noir, en rouge, en violet, &c. On teint en blanc les laines, lors qu'on les tond & qu'on les dégraisse. Il est défendu de teindre aucune étoffe de blanc en noir, pour quelque cause que ce soit, & de teindre les soyes sur le crud ou à demi-bain. Quand on teint une étoffe en jaune & puis en bleu, elle se trouve teinte en verd. On teint en cramoisi quand le premier pied de teinture se fait avec de la graine d'écarlate, ou la cochenille. On teint les cheveux, les bois, les gommes. On teint les pierres & le verre pour en faire de fausses pierreries. On teint aussi des liqueurs en les mêlant avec d'autres. Cet homme est si sobre qu'il ne fait que teindre, que rougir son vin.

On dit figurément teindre ses mains du sang des innocens, pour dire, faire mourir des innocens. On dit aussi que les Riviéres étoient teintes du sang des ennemis, pour dire, qu'on en avoit fait grand carnage.

Teint. einte. part. pass. & adj.