Ban se dit aussi de la publication qui se fait pour convoquer tous les Nobles d'une Province pour servir le Roi dans ses armées, suivant qu'ils y sont obligez par la Loy des Fiefs. On a publié le Ban & l'Arriere-ban.
Ban est aussi l'Assemblée de ces Nobles en corps d'armée. Le Ban & l'Arriereban est long-temps à se mettre en campagne.
Ban se dit aussi des assignations qui se font à cri public aux vassaux pour comparoir devant leur Souverain en certaines occasions, & pour rendre compte de leurs actions. Les Princes d'Allemagne sont souvent assignez, sont mis au Ban de l'Empire, & on confisque leurs Fiefs faute d'y rendre l'hommage, & le service dont ils sont tenus.
Ban signifie aussi bannissement, & on dit en termes de Palais: Il lui est enjoint de garder son Ban à peine de la hart: Il a obtenu un Rappel de Ban.
Ban signifie encore un droit & un lieu public qu'ont les Seigneurs des grands Fiefs, pour obliger les Habitans d'une Seigneurie de venir cuire au four du Seigneur, moudre à son moulin, ou d'apporter leur vendange à son pressoir. Ainsi on dit, un four à Ban, un moulin à Ban, un pressoir à Ban; & on appelle sujets banniers & droit de bannée, ceux qui sont obligez à ce droit. En quelques Coûtumes on appelle four bandier, moulin banquier, ce qu'on appelle ailleurs Bannal.
BANQUE. s. f. Trafic d'argent qu'on fait remettre de place en place, d'une Ville à une autre, par des lettres de change & par correspondance. Il est permis à toutes sortes de personnes de faire la Banque sans être Marchand. Ce Marchand a quitté le négoce, il ne fait plus que la Banque. Ce mot vient de l'Italien banca, qui a été fait de banco. C'étoit un siége où les Banquiers s'asseoient dans les places de commerce, d'où on a fait aussi banqueroute. Ménage.
Banque se dit aussi du lieu public où s'exerce ce trafic, où les Banquiers s'assemblent, & où ils avoient autrefois un Banc. On l'appelle aussi d'autres noms; à Londres, c'est la Bourse; à Lyon, le Change; à Paris, la place du Change. On met son argent à la Banque, on y prête, & on y fait valoir son argent à gros interest, même en quelques lieux à fonds perdu.
Banque se dit aussi des Sociétez, Villes ou Communautez qui se chargent de l'argent des Particuliers, pour le leur faire valoir à gros interest: la Banque de Venise, de Hollande: la Ville de Lyon a établi une Banque pour prendre de l'argent à fonds perdu au denier huit & un tiers.
Banque se dit aussi en plusieurs Jeux, comme à l'Occa, à la Bassette; du fond de celui qui est maître du Jeu, qui se charge de payer ceux qui gagneront.
BANQUEROUTE. s. f. Faillite, fuite, abandonnement de biens que font des Banquiers, ou négocians publics à leurs créanciers avec fraude & malice. Beaucoup de Marchands s'enrichissent par des banqueroutes frauduleuses, en mettant leurs biens à couvert. La Banqueroute est differente de la faillite, parce que la Banqueroute est volontaire & frauduleuse, quand le Banqueroutier s'enfuit & emporte le plus liquide de ses biens; la faillite est contrainte & necessaire, & est causée par quelque fortune, ou accident. Et on tient qu'un homme a fait faillite dés qu'il a manqué à acquitter des lettres de change, ou qu'il y a quelque desordre dans son négoce.