Ephemere. En termes de Botanique, est une flambe sauvage, ses feüilles sont semblables à celles du lis, quoi que plus menuës, sa tige pareillement. Sa fleur est blanche & amére, sa graine est tendre, sa racine est grosse d'un doigt, longue, astringeante & odorante. Mathiole dit que l'Ephemeron de Dioscoride est le colchicum, qui est un poison croissant au païs de Colchos, il est si dangereux qu'il fait mourir en moins d'un jour ceux qui en mangent, ce qui lui a donné ce nom d'Ephemere, & il ajoûte que ce n'est autre chose qu'un oignon blanc, que les Apothicaires appellent hermodactylus.
Ephemere, est aussi un petit animal qui ne vit que cinq heures, pendant lesquelles il naît, il étend ses membres, il paroît jeune, il change deux fois sa peau, il fait des œufs, jette des semences, vieillit & meurt. Aristote en a fait la description, & l'a ainsi nommé, parce qu'il ne dure qu'un jour. Il paroît vers la Saint Jean, c'est un insecte volant, qui naît à six heures aprés midi, & meurt à onze heures. Il est vrai toutefois qu'avant que d'avoir pris cette figure, il a vécu trois ans sous celle d'un verd au bord de l'eau, dans la vase, ou dans des trous qu'il y a creusé lui-même; il s'en trouve de deux ou trois pouces. Les pescheurs s'en servent pour appâter leurs hameçons. On a observé dans quelques-uns de ces insectes jusqu'à 7000. yeux semez par tout le corps, ils ne s'accouplent point, la femelle jette ses œufs, & le mâle les rend feconds en les couvrant de sa semence. Il ne prend aucun aliment depuis qu'il est changé, & il ne change que pour se multiplier. Aldrovandus, Jonston, & Clusius en ont écrit, mais bien plus incertainement que Swammerdam, qui en a fait les dissections & les observations avec le microscope. Il en est aussi parlé dans le recueil de Thevenot.
Ephemerides. s. f. plur. Terme d'Astronomie, ce sont des Tables calculées par des Astronomes, qui marquent l'état du Ciel tous les jours à midi, c'est à dire, le lieu où à midi se trouvent toutes les Planettes, & ce sont des Tables qui servent à dresser les horoscopes, ou themes celestes. Les Ephemerides d'Origan, de Kepler, d'Argolus, de Joannes Heckerus, &c. Jean Dominique Cassini a fait des Ephemerides des Astres de Medicis, ou des satellites de Jupiter, qui servent à la découverte des longitudes.
Ephialtes. Voyez [Incube].
EQUATION. s. f. Terme d'Astronomie, qui se dit de la maniére de réduire le temps ou les mouvemens inégaux du Soleil, à un temps ou à un mouvement égal & moyen. Le jour astronomique se compte depuis le départ du soleil d'un Méridien jusqu'à ce qu'il y retourne le jour suivant, c'est ce qu'on appelle le jour & le mouvement égal; mais parce que cependant le Soleil avance dans l'Eccliptique tantôt plus, tantôt moins à nôtre égard, selon qu'il est apogée, & perigée, & parce que les arcs de l'Ecliptique sont aussi inégaux à nôtre égard, à cause de l'obliquité de la sphere; c'est ce qui rend les jours inégaux. Il a donc fallu que les Astronomes, qui ont besoin d'un jour égal pour faire leurs supputations, trouvassent ce mouvement, ou temps moyen, & c'est ce qu'on appelle équation, par laquelle on trouve 59. minutes & huit secondes qu'il faut ajoûter au vrai jour égal, pour faire ce moyen mouvement journalier. Jean Baptiste Morin a fait un beau traité des équations en son Livre des longitudes. Monsieur Huggens a donné une Table exacte de l'équation des jours, pour régler les mouvemens des horloges à pendules, où on void combien ces horloges doivent avancer ou reculer en chaque jour de l'année, à cause de l'irrégularité du mouvement du Soleil & de l'obliquité de l'Eccliptique.
Equation, en termes d'Algebre est la réduction de deux nombres heterogenes, ou de diverse nature à une même nature en valeur, pour les rendre égaux. L'équation se dit aussi de la connoissance juste de la partie qu'il faut ajoûter à deux nombres differens, pour les mettre dans l'égalité. La science des équations est la principale partie de l'algebre. L'équation se marque ainsi.
ECHELLE. s. f. Instrument qui sert à monter; il est composé de deux perches ou piéces de bois longues & legéres, traversées de pied en pied de menus bâtons qu'on nomme échelons, sur lesquels on met les pieds l'un aprés l'autre pour monter. Jacob vit une échelle par où les Anges descendoient & montoient du Ciel en terre. Les soldats, les voleurs se servent d'échelles pour surprendre les Villes, pour entrer dans les maisons par les fenêtres, par dessus les murs. Les Maçons se servent d'échelles pour monter sur les échaffauts.
On fait aussi des échelles de corde, de soye, qui se plient & qui sont portatives; on en fait aussi de brisées. Il y en a aussi de doubles, qui sont étenduës par le pied, qui servent aux Peintres. Il y en a d'autres pour la guerre qu'on transporte sur des rouës, & qui sont de diverses constructions, dont on void les figures dans la pyrotecnie de Hanselet.
Echelle, se dit aussi d'un méchant escalier qui est tout droit. Les escaliers de la Halle sont des échelles, sont droits comme des échelles.
Echelle, se prend quelquefois pour le gibet, à cause qu'on monte avec une échelle ceux qu'on pend à une potence; ainsi on dit celui-là a été condamné à assister à l'execution, à avoir le foüet au pied de l'échelle: il a été long-temps sur l'échelle avant que d'être jetté. On coupe souvent des bourses au pied de l'échelle.