Echelon, s. m. petite piéce de bois qui traverse l'échelle: cette échelle avoit trente échelons.

Echelon, se dit figurément en choses morales. La qualité d'Avocat est un échelon pour monter à celle de Conseiller, de Maître des Requêtes. Il est monté d'un échelon, d'un degré, il est avancé d'autant.

ECROU. s. m. piéce de bois, ou de fer, ou d'autre métail qui a un trou, relatif à la grosseur d'une vis, & qui sert à la serrer, ou à la retenir quand on la fait entrer dedans. Il faut que les vis de ce lit ayent été changées, elles ne peuvent entrer dans leurs écrous.

En Mathematique on appelle le clou de l'alhidade l'écrou, ou le chevalet.

Ecrou. Est aussi l'acte d'emprisonnement d'une personne écrit sur le Registre de la geole. Il faut attacher son écrou à la Requête d'élargissement, quand on est recommandé pour plusieurs affaires, ce sont autant d'écrous, quand on déclare un emprisonnement injurieux, tortionaire & déraisonnable, on ordonne que l'écrou sera rayé & biffé. On disoit autrefois écrouë.

Ecroüe. s. f. chez le Roi se dit des rolles ou états de la dépense de sa maison, qui se mettent dans des peaux de parchemin qu'on coud & qu'on attache les unes aux autres, dont on fait de gros rouleaux qui sont signez & arrêtez au Bureau par les Maîtres & Controlleurs de la maison du Roi. On le dit aussi des rolles que les Receveurs des tailles, ou des amendes baillent aux Sergens pour en faire le recouvrement, qui sont appellez écrouës dans plusieurs Edits.

On void dans la Chambre des Comptes une écrouë du Parlement tenu sous Louïs Hutin, qui contient la liste des Conseillers du Conseil étroit, des Maîtres des Requêtes, & autres Officiers.

Ecroüe, en plusieurs Coûtumes se dit de la déclaration, dénombrement & aveu d'heritages cottiers que le sujet donne à son Seigneur. En l'Edit de l'établissement de l'Echiquier de Normandie, on appelle écrouës les écritures qui contiennent les faits & raisons des parties; où il est dit aussi que les Sergens doivent bailler leurs exploits par écrouës, c'est à dire, par écrit. Borel estime que ce mot vient d'écrit, ou écrire, parce qu'on a appellé aussi écrouë une quittance en faveur de celui qui a manié les finances; & on dit bailler écrouë à un Receveur de sa recepte, pour dire souder son compte.

Ecroüer. v. act. Charger un Geolier de la personne d'un prisonnier, en écrivant sur son registre par l'Officier qui l'arrête la cause pour laquelle il est emprisonné, & par quelle autorité, ou Ordonnance; il est défendu sévérement aux Geoliers de détenir qui que ce soit sans être écroüé. Cujas estime que ce mot vient du Grec Encrouo, c'est à dire, injicio: & Ragueau au contraire de Eccrouein qui signifie extendere, liberare; missum facere.

Ecroüé, ée. part. pass. & adj.