Foyer se prend quelquefois pour la maison. Ce Gentilhomme a envoyé ses enfans à la guerre, & il est demeuré pour garder son foyer; cela se dit aussi des faineans ou poltrons qui ne veulent point s'éloigner du coin de leur feu.
Foyer, en termes de Marine se dit des feux allumez au haut d'une Tour éminente pour donner la nuit par leur lumiére l'adresse aux vaisseaux, comme la Tour de Cordoüan sur la riviére de Bourdeaux, les lanternes de la Rochelle, de Boulogne, de l'Ecluse, le Phare d'Alexandrie, &c. On le dit aussi des feux, que ceux qui font le guet sur la côte doivent avoir pour faire des signaux. On appelle aussi foyer dans les vaisseaux l'endroit où on fait le feu.
Foyer en termes de Géometrie se dit des centres des ellipses, des paraboles & des hyperboles où aboutissent les réflexions des rayons qui tombent sur leurs surfaces, & d'où on tire des lignes qui ont de particuliéres proprietez amplement démontrées par Appollonius Pergeus dans ses sections coniques. Les Ellipses ont deux foyers ou centres sur lesquels la figure est décrite, d'où les lignes qui sont tirées à quelque endroit que ce soit de la circonference égalent étant prises ensemble le grand Diametre.
On appelle aussi foyer dans les miroirs ardens, le point brûlant où se rassemblent les rayons soit par la réflexion, soit par réfraction à travers un verre de lunette quand il est taillé en sorte que les rayons soient convergens.
Le foyer solaire est un rond ou cone de brillante clarté & fort vive qui se forme des rayons de lumiére brisez dans un verre sphérique & convergents qui aboutissent à un point brûlant. C'est une erreur de croire que ce foyer soit justement au centre du verre qui a causé la réfraction, il ne va que jusqu'au tiers ou au quart du rayon. Il faut que la retine soit au foyer du cristalin afin que la vision soit parfaite.
En termes de Médecine on appelle foyer le lieu où on croit qu'est le principe & le levain de la fiévre. Les fiévres tierces & quartes viennent de ce que la corruption des humeurs est faite en deux ou trois foyers differents.
Fugue, s. f. Terme de musique, est une suite de consonances qui se chantent à deux parties, dont la premiere s'appelle guide qui précede & montre le chemin à la seconde qu'on appelle consequente ou imitation, replique, redite, écho, c'est à dire, qu'elle montre par quels degrez ou intervalles elle doit aller. La seconde commence à chanter par une notte qui est à la quinte ou à la quarte de la premiere notte. Lorsque la premiere notte de la consequente est à la quarte de la premiere de la guide, on l'appelle fugue en diatessaron, & quand elle est à la quinte fugue en diapente, & ainsi des autres. La fugue grave se jouë dans la grande orgue sur le bourdon, prestant, trompette & clairon.
La contrefugue se fait lors que l'une des parties monte, & que l'autre descend par mêmes intervalles, comme quand la guide fait la, sol, fa, & la consequente fa, sol, la, &c.