GUESDE. s. f. ou pastel, qui est la même chose. C'est une herbe semblable au Plantin, excepté qu'elle a ses feüilles un peu plus grosses & plus noires, & qu'elle a la tige de deux pieds de haut. Voyez Pastel. Elle est de grand usage chez les Teinturiers. Les anciens Bretons s'en peignoient le visage pour être plus terribles en guerre, comme témoigne Cesar; & Pline dit que les femmes en usoient de même en certains sacrifices. Ce mot vient du Latin Guastum, ou Guasdum, qui signifie la même chose, & qui est un vieux mot Gaulois, comme on infere du passage de Pline. On appelle encore Vouede en Normandie le petit Pastel, ou Guesde. Il y a plus d'apparence que l'un de ces mots vient de la corruption de l'autre. On l'appelle aussi Isatis. Saumaise soûtient qu'il faut dire guastum, & non pas glastum, comme il est écrit communément dans les Livres.

GUEUSE. s. f. Terme de Fondeur, est une grosse piéce de fer qui dans sa premiére fonte coule dans des Canaux triangulaires, & se forme en gros lingots du poids de trois, cinq, & jusqu'à six mil livres. On porte de là les gueuses à la Forge, ou à la Fonderie, où on les forge, & on les fend avec l'aide des moulins qui remuent un puissant marteau. En Latin on l'appelle Sporca triangularis.


H.

HAMAC. s. m. Terme de Relations. C'est un lit de cotton dont on fait grand trafic en toutes les Indes Occidentales. Pour s'en servir on le suspend à deux Arbres, & il garantit ainsi des Animaux farouches & des insectes. Les Caraybes sont si superstitieux qu'ils les travaillent avec grande cérémonie, ils mettent au bout du Métier des Pacquets de cendre, faute de quoi ils croyent que leur Hamac ne dureroit pas: s'ils avoient mangé des figues quand ils ont un Hamac neuf ils croyent que cela le feroit pourrir, & ils n'osent manger d'un poisson qui a de bonnes dents croyant que cela seroit cause que leur Hamac seroit bien-tôt percé. On en a apporté plusieurs en France, où quelques-uns s'en servent.

Hamade, ou Hamaide, ou Hameïde, Terme de Blason. C'est une fasce de trois piéces alaisées qui ne touchent point les bords de l'Ecu: ces trois fasces paralelles ne font qu'une piéce de Blason qu'on appelle Hamaïde, de même que les Jumelles sont de deux piéces. On croit que ce nom vient de la Maison d'Hamaide en Angleterre qui porta des Armes de cette sorte, qui sont selon Upton une étoffe découppée en trois piéces en forme de fasce, qui laisse voir par ses ouvertures une étoffe d'une autre couleur mise au dessous; d'autres croyent que c'est une clôture ou barriére quarrée & à jour de trois piéces, qui sert à fermer les chemins des hameaux pour empêcher le bêtail d'y entrer, ou d'en sortir, comme on en trouve quantité en Allemagne; d'autres que ce sont des barriéres de manége qu'on nomme en Turc Atmeidan; d'autres enfin disent que les Hameides representent des chantiers qui supportent les Vaisseaux à mettre du vin, qu'en Flamand on appelle Hames, qui ont emprunté ce mot de Hama ou Hamula, qu'on a dit dans la Basse latinité pour signifier vase & bouteille.

HAMADRIADE. s. f. Divinité fabuleuse des Payens qu'ils croyoient présider aux Forêts, & être enfermée sous des écorces de chênes, comme témoigne le mot drys qui signifie quercus, chêne.

HANOUARDS. Vieux mot qui signifie des Porteurs de Sel. Il en est fait mention dans la grande Ordonnance du Roi Jean du 30. Janvier 1350. c'étoient alors des Officiers dépendans de la Ville au temps que la Gabelle n'étoit pas encore établie en France. Il y a encore maintenant des Jurez Hanoüards qu'on nomme simplement Porteurs de Sel établis pour le porter du bateau au Grenier, & du Grenier aux maisons des Bourgeois.

HANSIERE. s. f. Terme de Marine. Est un gros cordage que l'on jette aux chalouppes & aux bâtimens qui veulent venir à bord d'un autre Vaisseau: Elle sert aussi pour remorguer les vaisseaux & les tirer sur la terre aprés y avoir fait porter un ancre. Elle signifie aussi le cable du plus petit ancre & celui dont on amarre l'esquif. On appelle collier de hansiere une corde ou sangle pendante en écharpe du col de ceux qui halent ou qui tirent.

HARO. s. m. Terme de la Coûtume de Normandie. C'est un cri qu'on fait en Normandie lors qu'on trouve sa partie & qu'on la veut mener devant le Juge; car alors elle est obligée de suivre celui qui a crié Haro sur elle, & l'un & l'autre demeurent en prison, ou en la maison du Juge, jusqu'à ce qu'il ait prononcé sur leur different du moins par provision. Haro sur toi & sur ta bête. Les Lettres de Chancellerie portent ordinairement, nonobstant clameur de Haro, Chartre Normande & autres privileges à ce contraires.