Laier signifie aussi, tailler une pierre avec une laie.
LAIS. s. m. jeune bailliveau de l'âge du bois, qu'on laisse quand on coupe le taillis, afin qu'il revienne en haute fûtaye. Toutes les Ordonnances sur le fait des Eaux & Forêts enjoignent de laisser par chacun arpent 16. bailliveaux de l'âge du bois, qu'on nomme des lais, outre les autres bailliveaux anciens & modernes.
LAMANEUR. s. m. Terme de Marine, pilote ou marinier qui fait le lamanage: c'est un homme qui réside dans un port, qui en connoit les entrées & les issuës, & qui conduit les vaisseaux étrangers dans les rades ou dans les ports, lorsque les parages sont dangereux & sont inconnus à ceux qui y abordent. On les appelle aussi locmans, ou lormans, ou lomens. Le titre 3. du 4. Livre des nouvelles Ordonnances de la Marine contient les réglemens faits pour les pilotes lamaneurs, ou locmans. Ils doivent avoir 25. ans pour être reçûs, aprés un rude examen en la Justice de l'Amirauté, où on leur taxe leur salaire; & si le vaisseau qu'ils conduisent, échouë par leur ignorance, ils sont condamnez au foüet, si c'est par malice, ils sont pendus à un mast. Les lamaneurs sont aussi des pilotes de riviéres vers leurs emboucheures, qu'on louë pour éviter les bancs, secques, syrtes & autres dangers, parce que l'Ocean & les eaux d'amont les font changer de place presque tous les ans, & sur tout vers Roüen, où il y a des lamaneurs jurez de deux lieuës en deux lieuës. Luitprandus dit que ce mot vient de lomen, ou guide; d'autres disent que lamaneur est dit quasi laborans manu, à cause qu'il se sert souvent de cordes, crocs, harpins & avirons pour mettre un vaisseau en rade ou en furin.
LANTERNE. s. f. vaisseau fait de matiére transparente servant à conserver la lumiére qu'on transporte, ou qui est exposée au vent & à la pluye. Lanterne de verre, de corne, de papier, de talc, de toile. On taxe pour les lanternes qu'on met la nuit dans les ruës. La lanterne d'Epictete fut venduë autrefois 3000. dragmes. La lanterne de Diogene étoit une piéce curieuse chez les Anciens. La lanterne de Judas se garde au Tresor de Saint Denys comme une piéce curieuse & antique. On fait commandement aux Bourgeois de mettre des lanternes aux fenêtres dans les réjouïssances publiques. Lanterne sourde est une lanterne de fer blanc ou noirci, qui n'a qu'une ouverture, qu'on ferme quand on veut cacher la lumiére, & qu'on presente au nez de ceux qu'on veut voir, sans qu'on en puisse être apperçû. On appelle soufflets à lanternes ceux qui representent une lanterne de papier dont l'ais superieur quand on le leve, demeure paralelle à l'inferieur.
Lanterne en termes de Guerre, c'est un instrument pour prendre la poudre, & en charger le canon: elle est faite en forme d'une longue cuillier ronde, & est attachée au bout d'un bâton.
Lanterne en termes d'Orfévres, est la partie d'une crosse d'Evêque ou d'un bâton de Chantre, qui est grosse & à jour, qui en quelque façon represente une lanterne. Les crosses & bâtons d'argent doivent être contremarquez aux vases, fonds de lanterne, dômes, douïlles & croisillons, suivant les Statuts des Orfévres.
Lanterne est aussi une construction de charpente qui se met au plus haut des dômes & des pavillons, où il y a d'ordinaire quelques fenêtres pour leur donner plus de jour.
Lanterne est aussi un petit cabinet de menuiserie qu'on éleve dans quelques auditoires, pour placer quelques personnes qui veulent écouter sans être vûës. Il s'étoit glissé dans la lanterne de la Grand'Chambre, quand on rapportoit son procés.
Lanterne de moulin est un certain pignon à jour fait en forme de lanterne, qui est composé de deux tourtes, ou piéces de bois rondes, au bord desquelles sont dix fuseaux où s'engrenent les dents de la rouë interieure du moulin qui fait tourner les meules.
Lanterne magique est une petite machine d'Optique, qui fait voir dans l'obscurité sur une muraille blanche plusieurs spectres & monstres si affreux, que celui qui n'en sçait pas le secret, croit que cela se fait par magie. Elle est composée d'un miroir parabolique qui refléchit la lumiére d'une bougie, dont la lumiére sort par le petit trou d'un tuyau, au bout duquel il y a un verre de lunette, & entre-deux on y coule successivement plusieurs petits verres peints de diverses figures extraordinaires & affreuses, lesquelles se representent sur la muraille opposée en plus grand volume. Le premier qui a enseigné la construction de la lanterne magique est Swenterus en son Livre Deliciæ Mathematicæ. Les Peres Kirker & Kestlerus Jesuites en ont aussi écrit, & avant tous Roger Bacon Anglois en avoit donné quelque idée.