Mariné. En termes de blason, se dit des animaux dépeints sur les écus, qui ont la moitié du corps de poisson. Il portoit de gueules au cerf estropié (ou qui n'a point de pieds) mariné d'or.
Marinette. s. f. Vieux mot qui signifioit autrefois la pierre d'aimant, & même la boussole qui en est touchée, parce qu'elle servoit principalement à la marine. Voyez Boussole.
MASCARET. s. f. terme de navigation: C'est un reflus violent de la mer qui remonte impetueusement dans la riviére de Dordogne, qui fait le même effet sur cette riviére que celui qu'on appelle la Barre sur la Seine. Les Naturalistes ont de la peine à expliquer cette sorte de reflus, qui est particulier à ces deux riviéres.
MASCARADE. s. f. Troupe de personnes masquées qui vont danser & se divertir, sur tout en la saison du Carnaval. Cette compagnie a fait une jolie mascarade, a dansé une espece de ballet. Ce mot vient de l'Italien mascarata, dérivé de l'Arabe Mascara, qui signifie raillerie, bouffonnerie. Ménage.
Mascarade est aussi un titre que quelques Poëtes ont donné à des vers qu'ils ont fait pour les personnages de ces petites danses ou ballets.
Mascarade, se dit aussi d'une personne mal mise, ou mal proprement ajustée, comme si elle vouloit se déguiser, & aller en masque. Cette femme affecte des ornemens, des parures extravagantes, & hors de mode; c'est une vraye mascarade. Les chevaux l'ont tellement éclaboussée qu'elle avoit le visage comme une vraye mascarade.
Mascarade, se dit aussi d'une vaine pompe & cérémonie, d'un appareil éclatant qui ébloüit le sot peuple, et dont les sages ne sont point touchez. Démocrite traitoit tout le genre humain de mascarade, se mocquoit de ses vanitez & mascarades. On le dit aussi de ceux qui trompent sous apparence d'honnêteté, qui déguisent leurs sentimens. Les hypocrites sont des continuelles mascarades.
MASSORE. s. f. Terme de Théologie. C'est un travail fait sur la Bible par quelques sçavans Rabbins pour en empêcher l'alteration. Buxtorfe la définie une Critique d'un texte Hebreu, que les anciens Docteurs Juifs ont inventée, par le moyen de laquelle on a compté les versets, les mots, & les lettres de texte, & l'on en a marqué toutes les diversitez; car le texte des Livres sacrez étoit autrefois écrit tout d'une suite, sans aucune distinction de Chapitres, ni de versets, ni même de mots; de maniére que tout un Livre n'étoit qu'un mot continu à la maniére des Anciens, dont on voit encore plusieurs manuscrits Grecs & Latins, écrits de cette sorte. Ce mot ne signifie que tradition, comme si cette critique n'étoit autre chose qu'une tradition que les Juifs avoient reçûë de leurs peres. On tient que ce sont les Juifs d'une école fameuse qu'ils avoient à Tiberiade qui ont fait, ou du moins commencé cette Massore, comme dit Elias Levita. Aben Esra les fait Auteurs des Points & des accens qui sont dans le texte Hebreu qu'on a aujourd'hui, qui servent de voyelles. Les Arabes ont fait aussi la même chose sur leur Alcoran, que les Massoretes sur la Bible. Il y a une grande & une petite Massore imprimées à Venise & à Bâle avec le texte Hebreu en different caractére. Voyez là-dessus le P. Morin & le P. Simon, Buxtorfe dans le Commentaire Massoretique qu'il a intitulé Tiberias. On appelle Massoretes ces Auteurs qui ont travaillé à la Massore, & l'exemplaire Massoretigue est le texte Hebreu dont on se sert aujourd'hui.
MAST. s. m. grand arbre posé dans les Vaisseaux, où on attache les vergues & les voiles pour recevoir le vent nécessaire à la navigation. Il y en a quatre dans les grands Vaisseaux, quelquefois on y en ajoûte un cinquiéme qui est un double artimon. Le grand mast, ou le mast de maître est le principal mast du Vaisseau; le second s'appelle de misaine, mast de bourset, ou mast d'avant, qui est entre le grand mast & la prouë; le troisiéme l'artimon, qui est entre le grand mast & la pouppe; & le quatriéme beaupré, qui est couché sur l'esperon à la prouë. Le mast de contremisaine, ou petit artimon est sur l'arriére dans les galions, Naos, ou grands Vaisseaux. Le grand mast jusqu'à la premiére hune est ordinairement égal à la quille du Vaisseau.
On appelle aussi mâts les brisures ou divisions des mâts qui sont posez les uns sur les autres: le grand mast & celui de misaine en ont chacun trois, le grand mast, le mast de hune, qui est au dessus & tout d'une piéce, & le mast de perroquet qui est sur celui de hune; & au dessus encore est le bâton du pavillon, ce qui fait quelquefois plus de trente-quatre toises. L'artimon qu'on appelle aussi mast de foule, & le beaupré n'ont qu'une brisure chacun, on l'appelle de perroquet, & non de hune. Le grand mast est posé au milieu du premier pont ou franc tillac, & descend au fond de cale, sur la contrequille; il n'est pas tout à fait perpendiculaire, mais il panche du côté de la pouppe à proportion de sa hauteur depuis deux jusqu'à six pieds. Sa plus grande grosseur est au franc tillac, & il va en diminuant par haut & par bas du tiers de sa grosseur. Le mast de misaine passe à travers le château d'avant au dessus de l'estrave, à l'extrêmité de l'escarlingue. Le mast de beaupré est enchassé par le bout d'embas sur le premier pont dans le mast de misaine. Le mot de mast en est François, en Allemand, en Flamand & en Anglois la même chose; l'Italien dit masto, & l'Espagnol mastel.