NOTTE, en termes de Musique se dit des caracteres qui marquent les tons, les élevations ou les abaissemens de la voix, & ses mouvemens vîtes ou lents; enfin toutes les variations qui y doivent faire de l'harmonie.

La notte maxime est figurée par un quarré long avec une queuë, elle vaut 8 mesures, quoi que le Pere Mersenne la fasse de 12. La longue est un quarré avec une queuë qui en vaut la moitié, ou quatre mesures: la bréve est un quarré sans queuë, qui vaut deux mesures; la semi-bréve est un quarré sans queuë, qui est posé sur ses angles, ou en losange, qui vaut une mesure, ou le lever & le baisser de la main; la minime est une losange avec une queuë, qui vaut la moitié d'une mesure; la noire a la même figure; mais elle est pochée & vaut un quart de mesure; la crochuë est la même figure avec un croc par en bas, qui vaut un huitiéme de mesure, & la double crochuë un seiziéme.

Il y a aussi des nottes ou caracteres pour signifier les pauses, les repos ou silences qui marquent qu'il faut se taire aussi long-temps qu'on est à chanter la notte qui précéde; elles se font avec des points ou des lignes qui traversent d'un réglet à l'autre.

Les Grecs faisoient leurs nottes de musique avec des lettres simples ou doublées, droites ou renversées, comme on prouve par les Livres de Bacchius, d'Alipius, de Porphire & de Boëce.

On dit en ce sens qu'un homme chante sur la notte, pour dire à livre ouvert sur un Livre notté, ou qu'il fait des accords sur la notte, sans avoir étudié ce qu'il chante.

Note, se dit aussi pour signifier le ton. Il y a sept notes en Musique qu'on appelle ut, re, mi, fa, sol, la, si; les six premiéres ont été inventées en l'an 1024. par Guy Aretin Moine Benedictin, qui les trouva à Pompose dans le Duché de Ferrare, sous le Pape Jean XX. lequel les reçût avec si grand applaudissement, qu'il commanda de mettre cette maniére de chanter en usage; aussi est-elle si facile, qu'on apprend plus de Musique en un jour avec cette méthode, qu'on ne faisoit autrefois en un an avec celle des Grecs, dont on s'étoit servi jusques alors. Il intitula Micrologue le livre où il publia cette invention. Aretin a pris les nottes ut, re, mi, fa, sol, la, de l'Hymne des Vêpres de S. Jean Baptiste, Ut queant laxis, &c.

La septiéme notte a été inventée de nos jours par le Maire, qui est un, si, qui differe d'un demi ton du, la; il sert à éviter la difficulté des muances qui étoient restées dans la gamme de Guy Aretin; cette syllabe est plus haute d'un demi ton que le, la, & quand on voudra avoir un ton entier, on mettra une diése au dessous.

On peut faire 720 variétez des six nottes de Musique sans repeter la même deux fois; & on peut faire 40820 airs differens des nottes de chaque octave. Il y a des Organistes qui font 32 nottes dans la mesure binaire, qui dure seulement une seconde de minute.

Notte, se dit proverbialement en ces phrases: on dit d'un Menêtrier qu'il ne sçait qu'une notte, qu'il n'aura qu'un double, pour dire qu'il ne sçait qu'une chanson. On dit aussi qu'un homme change de notte, quand il parle d'une autre maniére qu'il n'avoit fait, quand il supplie au lieu de menacer. On dit aussi de celuy qui ne sçait rien de la matiére dont on l'interroge, qu'il n'en sçait notte, qu'il n'en a pas retenu une notte.

NYMPHE. s. f. Fausse divinité que les Payens croyoient présider aux eaux, fleuves & fontaines. Quelques-uns en ont étendu la signification, & les ont prises pour Déesses des montagnes, des forêts, & des arbres, qu'on appelle particuliérement, Oreades, Dryades, Hamadryades & Napées, la Nymphe de la Seine, de la Loire.