Troisième degré d'oxigénation.
Noms nouveaux.Noms anciens.
Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:Le calorique.
L'hydrogène.
L'azote.Acide nitrique.Acide nitreux non fumant.
Le carbone.Acide carboniqueAir fixe.
Le soufre.Acide sulfurique.Acide vitriolique.
Le phosphore.Acide phosphorique.Acide phosphorique.
Le radical muriatique.Acide muriatique.Acide marin.
Le radical fluorique.Acide fluorique.Inconnu des anciens.
Le radical boracique.Acide boracique.Sel sédatif de Homberg.
Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:L'antimoine.Acide antimonique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'argent.Acide argentique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'arsenic.Acide arsenique.Acide arsenical.
Le bismuth.Acide bismutique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le cobalt.Acide cobaltique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le cuivre.Acide cuprique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'étain.Acide stamnique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le fer.Acide ferrique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le manganèse.Acide manganique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le mercure.Acide mercurique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le molybdène.Acide molybdique.Acide de la molybdène.
Le nickel.Acide nickelique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'or.Acide aurique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le platine.Acide platinique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le plomb.Oxide plombique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le tungstène.Acide tungstique.Acide de la tungstène.
Le zinc.Acide zincique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Quatrième degré d'oxigénation.
Noms nouveaux.Noms anciens.
Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples non métalliques, telles que:Le calorique.
L'hydrogène.
L'azote.Acide nitrique oxigéné.Inconnu.
Le carbone.Acide carbonique oxigéné.Inconnu.
Le soufre.Acide sulfurique oxigéné.Inconnu.
Le phosphore.Acide phosphorique oxigéné.Inconnu.
Le radical muriatique.Acide muriatique oxigéné.Acide marin déphlogistiqué.
Le radical fluorique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le radical boracique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Combinaisons de l'oxygène avec les substances simples métalliques, telles que:L'antimoine.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'argent.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'arsenic.Acide arsenic oxigéné.Inconnu.
Le bismuth.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le cobalt.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le cuivre.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'étain.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le fer.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le manganèse.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le mercure.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le molybdène.Acide molybdique oxygéné.Inconnu.
Le nickel.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'or.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le platine.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le plomb.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le tungstène.Acide tungstique oxygéné.Inconnu.
Le zinc.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

OBSERVATIONS

Sur les combinaisons binaires de l'Oxygène avec les substances simples métalliques & non métalliques.

L'Oxygène est une des substances les plus abondamment répandues dans la nature, puisqu'elle forme près du tiers en poids de notre atmosphère, & par conséquent du fluide élastique que nous respirons. C'est dans ce réservoir immense que vivent & croissent les animaux & les végétaux, & c'est également de lui que nous tirons principalement tout l'oxygène que nous employons dans nos expériences. L'attraction réciproque qui s'exerce entre ce principe & les différentes substances est telle, qu'il est impossible de l'obtenir seul & dégagé de toute combinaison. Dans notre atmosphère, il est uni au calorique qui le tient en état de gaz, & il est mêlé avec environ deux tiers en poids de gaz azote.

Il faut, pour qu'un corps s'oxygène, réunir un certain nombre de conditions: la première est que les molécules constituantes de ce corps n'exercent pas sur elles-mêmes une attraction plus forte que celle qu'elles exercent sur l'oxygène; car il est évident qu'alors il ne peut plus y avoir de combinaison. L'art dans ce cas peut venir au secours de la nature, & l'on peut diminuer presqu'à volonté l'attraction des molécules des corps, en les échauffant, c'est-à-dire, en y introduisant du calorique.

Echauffer un corps, c'est écarter les unes des autres les molécules qui le constituent; & comme l'attraction de ces molécules diminue suivant une certaine loi relative à la distance, il se trouve nécessairement un instant où les molécules exercent une plus forte attraction sur l'oxygène, qu'elles n'en exercent sur elles-mêmes; c'est alors que l'oxygénation a lieu.

On conçoit que le degré de chaleur auquel commence ce phénomène, doit être différent pour chaque substance. Ainsi, pour oxygéner la plupart des corps & en général presque toutes les substances simples, il ne s'agit que de les exposer à l'action de l'air de l'atmosphère, & de les élever à une température convenable. Cette température pour le plomb, le mercure, l'étain, n'est pas fort supérieure à celle dans laquelle nous vivons. Il faut au contraire un degré de chaleur assez grand pour oxygéner le fer, le cuivre, &c. du moins par la voie sèche & lorsque l'oxygénation n'est point aidée par l'action de l'humidité. Quelquefois l'oxygénation se fait avec une extrême rapidité, & alors elle est accompagnée de chaleur, de lumière & même de flamme; telle est la combustion du phosphore dans l'air de l'atmosphère, & celle du fer dans le gaz oxygène. Celle du soufre est moins rapide: enfin celle du plomb, de l'étain & de la plupart des métaux, se fait beaucoup plus lentement & sans que le dégagement du calorique, & sur-tout de la lumière, soit sensible.

Il est des substances qui ont une telle affinité pour l'oxygène, & qui ont la propriété de s'oxygéner à une température si basse, que nous ne les voyons que dans l'état d'oxygénation. Tel est l'acide muriatique que l'art, ni peut-être la nature, n'ont encore pu décomposer, & qui ne se présente à nous que dans l'état d'acide. Il est probable qu'il y a beaucoup d'autres substances du règne minéral qui, comme l'acide muriatique, sont nécessairement oxygénées au degré de chaleur dans lequel nous vivons; & c'est sans doute parce qu'elles sont déjà saturées d'oxygène, qu'elles n'exercent plus aucune action sur ce principe.

L'exposition des substances simples à l'air, élevées à un certain degré de température, n'est pas le seul moyen de les oxygéner. Au lieu de leur présenter l'oxygène uni au calorique, on peut leur présenter cette substance unie à un métal avec lequel elle ait peu d'affinité. L'oxide rouge de mercure est un des plus propres à remplir cet objet, sur-tout à l'égard des corps qui ne sont point attaqués par le mercure. L'oxygène dans cet oxide tient très-peu au métal, & même il n'y tient plus au degré de chaleur qui commence à faire rougir le verre. En conséquence on oxygène avec beaucoup de facilité tous les corps qui en sont susceptibles, en les mêlant avec de l'oxide rouge de mercure, & en les élevant à un degré de chaleur médiocre.