On transformera, au moyen de la table, ces fractions vulgaires en décimales, comme il suit:

Pour le produit A.
Fractions vulgaires. Fractions décimales correspondantes.
liv.onc.grosgr. = liv.
2»»»=2,0000000
5»»=0,3125000
3»=0,0234375
63=0,0068359
Total25363=2,3427734
Pour le produit B.
liv.onc.grosgr. = liv.
1»»»=1,0000000
2»»=0,1250000
7»=0,0546875
15=0,0016276
Total12715=1,1813151
Pour le produit C.
Fractions vulgaires. Fractions décimales correspondantes.
onc.grosgr. = liv.
3»»=0,1875000
1»=0,0078125
37=0,0040148
Total3137=0,1993273
Pour le produit D.
onc.grosgr. = liv.
4»»=0,2500000
3»=0,0234375
29=0,0031467
Total4329=0,2765842

En récapitulant ces résultats, on aura en fractions décimales:

Pour le produit A2,3427734
Pour le produit B1,1813151
Pour le produit C0,1993273
Pour le produit D0,2765842
Total4,0000000

Les produits ainsi exprimés en fractions décimales, sont ensuite susceptibles de toute espèce de réduction & de calcul, & on n'est plus obligé de réduire continuellement en grains les nombres sur lesquels on veut opérer, & de reformer ensuite avec ces mêmes nombres des livres, onces & gros.

La détermination du poids des matières & des produits, avant & après les expériences, étant la base de tout ce qu'on peut faire d'utile & d'exact en Chimie, on ne sauroit y apporter trop d'exactitude. La première chose, pour remplir cet objet, est de se munir de bons instrumens. On ne peut se dispenser d'avoir, pour opérer commodément, trois excellentes balances. La première doit peser jusqu'à 15 & 20 livres, sans fatiguer le fléau. Il n'est pas rare d'être obligé dans des expériences chimiques de déterminer à un demi-grain près ou un grain tout au plus la tarre & le poids de très-grands vases & d'appareils très-pesans. Il faut, pour arriver à ce degré de précision, des balances faites par un artiste habile & avec des précautions particulières; il faut sur-tout se faire une loi de ne jamais s'en servir dans un laboratoire où elles seroient immanquablement rouillées & gâtées: elles doivent être conservées dans un cabinet séparé, où il n'entre jamais d'acides. Celles dont je me sers ont été construites par M. Fortin; leur fléau a trois pieds de long, & elles réunissent toutes les sûretés & les commodités qu'on peut desirer. Je ne crois pas que, à l'exception de celles de Ramsden, il en existe qui puissent leur être comparées pour la justesse & pour la précision. Indépendamment de cette forte balance, j'en ai deux autres qui sont bannies, comme la première, du laboratoire; l'une pèse jusqu'à 18 ou 20 onces, à la précision du dixième de grain; la troisième ne pèse que jusqu'à un gros, & les 512es de grain y sont très-sensibles.

Je donnerai à l'Académie, dans un Mémoire particulier, une description de ces trois balances, avec des détails sur le degré de précision qu'on en obtient.