Postquam nihil fit, clamore hominem posco ; ille in jus me vocat.

Pessume metui, ne mihi hodie apud prætorem solveret.

Verum amici conpulerunt, reddit argentum domo.

Il en est de même de ce rapprochement quelque peu injurieux que nous trouvons dans la même comédie, et qui se termine par une image exacte de l’inanité des lois vis-à-vis de ceux qui ont, en quelque sorte, pour profession de veiller à ne pas s’y laisser brûler les doigts. « Quasi aquam ferventem, frigidam esse, ita vos putatis leges. » (Curculio, act. IV, sc. II.)

On a dit, avec raison certainement, que Plaute avait fait pour les banquiers, ce que Molière avait fait pour les médecins. Il ne devait pas être le seul à les transporter sur la scène.

Antoine, reprochant à Octave ses prétentions aristocratiques, lui rappelait qu’il avait eu dans sa famille, des argentarii qui avaient noirci leurs mains dans la pratique du Collybus[328].

[328] « Cassius Parmensis quadam epistola, non tantum ut pistoris, sed etiam ut nummularii nepotem, sic taxat Augustum ; materna tibi farina ex crudissimo Ariciæ pistrino : hanc finxit manibus Collybo decoloratis, Nerulonensis mensarius. » Suétone, Augusti vita, ch. IV.

Il est incontestable, cependant, que leur profession fut honorée. On les appelait usuellement boni, optimi viri, et il fallait bien qu’il en fût ainsi, puisqu’ils recevaient sans cesse des missions de confiance volontaires, de la part des particuliers et de l’État. C’est ce que nous dit expressément Cicéron[329] : « De quærenda et collocanda pecunia, commodius a quibusdam optimis viris ad Janum medium sedentibus, quam ab ullis philosophis ulla in scola disputatur. » « On discute mieux sur les fonds à gagner et à faire valoir, chez certains hommes optimi qui siègent auprès du Janus du milieu, qu’on ne pourrait le faire dans aucune école de philosophes. »

[329] Pro Cæcina, IV, 72, 3. Voy. aussi Aur. Victor, De viris illustr., 72, 3. Horace, Sat., liv. I, VI, 86.

Sous l’Empire, on les qualifiait de perfectissimi, honestissimi, clarissimi.