D’autre part, les syngraphæ signés à Rome par des provinciaux, étaient nuls en vertu de la loi Gabinia. Un autre sénatus-consulte de la même espèce fut rendu pour déclarer ceux-ci valables.
C’est cette même dette que Brutus fit exécuter sur la personne des sénateurs, par la cavalerie du consul de la province. On ne peut guère accumuler plus d’abus dans une seule affaire.
Nous n’insistons pas sur ces prévarications qui n’ont rien de commun avec les affaires de banque ; mais on peut y trouver le curieux spectacle de la lutte dans laquelle devaient se débattre les honnêtes gens, et spécialement Cicéron, tiraillé entre sa conscience et le désir de plaire à ses amis Brutus et même Atticus.
En 706-48, César ordonna une liquidation des dettes par des mensarii chargés de faire des avances avec les fonds de l’État, ou de contraindre les créanciers à recevoir en payement des biens, comme cela avait eu déjà lieu d’autres fois[606]. Nous avons déjà signalé et jugé ce procédé.
[606] Belot, loc. cit., p. 152, supra. César, De bell. civ., III, I et XX.
Mais le règne des grands spéculateurs, magistrats supérieurs ou généraux d’armées, comme celui des banquiers, comme celui des publicains, allait finir. La puissance impériale n’allait plus admettre en cela, que les abus qui se commettaient en son nom et sous ses ordres, comme pour toutes choses.
Le rôle modeste des banquiers de profession fut encore ce qui devait les protéger contre les rigueurs niveleuses de l’empire.
Nous les voyons revenir souvent, dans les écrits des jurisconsultes de l’époque classique, et, sous Justinien ils sont encore revêtus de titres brillants, qui les font traiter, avec considération, comme les boni, ou les optimi viri du temps de la république. Mais le règne des grands manieurs d’argent était passé depuis cinq siècles.
CONCLUSION
Il semble que, chez les grands peuples où la liberté politique s’est sagement établie et régulièrement organisée, le mouvement des choses humaines devrait de lui-même suivre son cours naturel vers la justice et le progrès ; mais, on le sait bien, ce n’est pas sans effort que l’homme apprend à être libre.