vraie langue internationale, car l’Ido réunit en soi la stabilité pratique et le progrès scientifique, tandis que l’Esperanto doit conserver toutes ses erreurs et imperfections, puisque, lors du premier congrès, des participants occasionnels, tout à fait médiocres et non autorisés ont reconnu comme chose intangible un livre qui doit rester invariable jusque dans ses erreurs flagrantes et ses fautes d’impression.»

Lorsque dans la première phrase on remplace le mot Ido par celui

d’Esperanto, elle devient beaucoup plus conforme à la vérité. Car la stabilité pratique de l’Ido, qui fut seulement introduite dans le courant de cette année, ne dure qu’autant que les «hommes compétents» de son Académie la maintiennent. (Et dans le camp idiste cette stabilité a même rencontré beaucoup d’adversaires). Mais lorsque, comme il est déjà arrivé, ces hommes modifient leur opinion scientifique, ou que d’autres hommes laborieux font leur entrée à l’Académie, cette stabilité de la langue est très menacée. Car au point de vue linguistique on peut aisément défendre «scientifiquement» des théories parfois diamétralement opposées.

Prétendre que l’Esperanto doit conserver tous les défauts et imperfections, n’est rien moins qu’une de ces assertions fallacieuses que les Idistes ne cessent de répandre au sujet de l’Esperanto, et qui se trouvent contredites par la manière dont l’Esperanto s’est développé. D’ailleurs, l’auteur de ces critiques convient dans la suite que cette «sainte intangibilité» du Fundamento n’existe pas, et que les erreurs reconnues en furent éliminées. De la nécessité pratique d’une base fixe, du développement de l’Esperanto, de l’existence de dictionnaires scientifiques en Esperanto, l’auteur semble tout ignorer ou vouloir ignorer.

Et il termine ces «10 avantages» en disant:

«Le fondement intangible de l’Ido est 1o la simplicité de la grammaire, 2o la justesse de la dérivation, 3o l’internationalité des racines», et il oublie en cela que ces trois conceptions, simplicité, exactitude et internationalité, sont des conceptions relatives, qui varient d’après la profession, la nationalité et la culture de ceux qui

en ont la garde. La base de l’Ido est donc chancelante, celle de l’Esperanto est fixe.


A ces 10 soi-disants avantages de l’Ido nous opposons un avantage de l’Esperanto, qui fait plus que leur contre-poids, notamment la mise en pratique de l’Esperanto dans tous les domaines, dans le commerce et l’industrie, la science et l’art, dans les voyages, tant pour l’usage écrit que parlé, et non seulement dans les rapports de personnes scientifiquement instruites, mais aussi de celles dont la culture est tout à fait élémentaire. Une application étendue est la vraie pierre de touche pour une chose aussi éminemment pratique qu’une langue auxiliaire internationale.

NOTES