Les chiffres empruntés par M. Clemenceau aux deux sources que nous avons indiquées sont assez sensiblement plus élevés, bien qu’ils permettent de noter une progression semblable. On trouverait la raison de cette différence, en analysant les chapitres qu’ils représentent. Nous les donnons ici tels qu’ils se trouvent dans les articles de M. Clemenceau:
| En 1817, le budget des cultes atteint | 21.900.364 fr. |
| — 1820 — — | 24.711.777 fr. |
| — 1823 — — | 26.677.792 fr. |
| — 1826 — — | 30.584.581 fr. |
| — 1826 — — | 30.584.581 fr. |
| — 1830 — — | 36.513.573 fr. |
| — 1831 (monarchie de juillet), le budget des cultes atteint | 34.624.789 fr. |
| En 1843, le budget des cultes atteint | 37.687.694 fr. |
| — 1846 — — | 38.170.855 fr. |
| — 1847 — — | 38.970.855 fr. |
| — 1848 — — | 40 millions environ. |
| — 1853 — — | 44.498.699 fr. |
| — 1855 — — | 45.580.880 fr. |
| — 1856 — — | 47.422.136 fr. |
| — 1860 — — | 50.088.543 fr. |
| — 1867 — — | 54.035.667 fr. |
| — 1869 — — | 54.532.936 fr. |
| — 1871 — — | 49.963.526 fr. |
| — 1872 — — | 53.216.748 fr. |
| — 1876 — — | 53.727.995 fr. |
| — 1880 — — | 53.443.666 fr. |
| — 1882 — — | 53.365.866 fr. |
| — 1884 — — | 51.407.006 fr. |
| — 1886 — — | 46.348.763 fr. |
| — 1887 — — | 45.649.563 fr. |
Depuis cette époque, le budget des cultes s’est maintenu à ce taux approximatif, que différents rapporteurs du budget des cultes, tels que MM. Georges Leygues et Lasserre, ont donné comme étant la conséquence inévitable des obligations concordataires.
II
CULTE PROTESTANT
Une loi de séparation des Eglises et de l’Etat ne peut être vraiment équitable qu’à la condition de respecter la constitution intime de toutes les Eglises et de leur permettre, au lendemain de l’abrogation du budget des cultes, une organisation telle qu’elles puissent réunir les ressources nécessaires à la continuation de leur œuvre. Briser leurs cadres ecclésiastiques, les forcer à adopter un régime contraire à leurs traditions et à leurs besoins, serait une mesure d’oppression. Il est donc au plus haut point important de connaître les principes et la forme ecclésiastique de chaque confession religieuse.
En ce qui concerne les Eglises protestantes, notons, dès le début, les caractères généraux et la situation de fait qui les différencient toutes de l’Eglise catholique romaine.
1o L’Eglise catholique a une constitution monarchique. Un seul y commande, le pape, qui ne tient ses pouvoirs que de Dieu et les délègue au clergé, maître absolu en matière religieuse.
Les Eglises protestantes françaises ont une constitution démocratique et parlementaire. C’est le peuple qui choisit ses représentants et qui, par eux, nomme son clergé. La prédominance ou l’égalité numérique de l’élément laïque est assurée dans tous les corps directeurs et dans toutes les assemblées délibérantes;
2o Le centre et la tête de l’Eglise catholique est à Rome.