Ces chiffres sont exacts à quelques unités près, quelques temples et presbytères ayant été construits depuis cette époque (1899).
L’Eglise réformée possède deux facultés de théologie, l’une à Montauban, l’autre à Paris, celle-ci commune aux réformés et aux luthériens. Le budget de ces facultés dépend du Ministère de l’Instruction publique.
La population des Eglises réformées ne peut être donnée que d’une manière approximative, mais elle peut être évaluée à 550.000, ce chiffre étant considéré comme un minimum. Les centres de population protestante sont dans le Gard, l’Ardèche, la Drôme, la Lozère, les Deux-Sèvres, la Seine, Tarn-et-Garonne, etc. Bordeaux, Lyon, Marseille, Nancy, Lille, Le Havre forment d’importantes Eglises. Au 25 novembre 1904, il n’y avait que neuf places vacantes dans l’Eglise réformée.
L’Eglise évangélique de la confession d’Augsbourg, désignée souvent sous le nom d’Eglise luthérienne, comprend six consistoires et 49 paroisses, réparties entre deux synodes particuliers, celui de Paris et celui de Montbéliard, dont les délégués forment le synode général qui nomme une Commission exécutive permanente chargée de la défense des intérêts de l’Eglise.
Les 62 places de pasteurs sont ainsi divisées:
| 10 places, Paris à | 3.000 fr. |
| 5 places, 1re classe à | 2.200 fr. |
| 7 places, 1re classe à | 2.000 fr. |
| 40 places, 1re classe à | 1.800 fr. |
Paris et Montbéliard sont les deux centres de la population luthérienne qui s’élève à environ 80.000 âmes.
On ne saurait oublier que, par suite de l’annexion de l’Alsace et la Lorraine, l’Eglise luthérienne a perdu près des trois quarts de ses membres, outre sa faculté de Strasbourg. L’Eglise luthérienne comprenait alors 44 consistoires, elle n’en a plus que six aujourd’hui.
Les pasteurs de l’Eglise luthérienne font leurs études à la faculté de théologie de Paris, où professent des professeurs luthériens et réformés.—Au 20 octobre 1904 il n’y avait qu’une place vacante dans l’Eglise luthérienne.
Eglises séparées de l’Etat.—Nous avons dit qu’en dehors des églises officielles mais se rattachant d’une manière officieuse à l’Eglise réformée, se trouvaient de nombreuses églises fondées par l’activité de la Société centrale d’évangélisation. Ces églises sont considérées, en effet, comme des annexes des paroisses officielles, dans le ressort desquelles elles ont été fondées. Ces créations d’églises sont dues au fait que le crédit réservé aux créations d’églises nouvelles a été supprimé par la loi de finances du 23 décembre 1880. Ces églises répandues par toute la France ne reçoivent aucune subvention ou traitement du Gouvernement, bien qu’elles se rattachent à l’Eglise réformée reconnue par l’Etat.