HIÉROKLÈS.

Je prends à témoin...

TRYGÆOS.

Et moi aussi, que tu es un gourmand et un hâbleur. (A l'Esclave.) Frappe-le et tiens sous le bâton cet imposteur.

L'ESCLAVE.

Tiens-le donc, toi! Moi, les peaux qu'il nous a dérobées par ruse, je vais l'en dépouiller. Ne lâcheras-tu pas ces peaux, faiseur de sacrifices? Entends-tu? Quel corbeau nous est venu d'Oréos! Est-ce qu'il ne va pas s'envoler vite vers Elymnion?


LE CHŒUR.

Quel bonheur, quel bonheur de laisser là le casque, le fromage et les oignons! Car je ne me plais pas aux combats, mais à boire, près du feu, avec de bons et intimes amis, à la flamme d'un bois très sec, scié pendant l'été; grillant des pois sur les charbons, rôtissant des glands, et en même temps caressant Thratta, pendant que ma femme prend son bain.

Il n'y a point de plus agréable passe-temps, lorsque les semailles sont déjà faites, et que le Dieu les arrose, que de dire à un voisin: «Dis-moi, que faisons-nous maintenant, ô Komarkhidès?» Il me plaît de boire, quand le Dieu nous fait du bien. Allons, femme, fais cuire trois khœnix de fèves, mêles-y du froment, et sers-nous des figues. Que Syra rappelle Manès des champs! Il n'y a pas du tout moyen d'ébourgeonner la vigne aujourd'hui, ni de briser les mottes; la terre est trop humide. Qu'on apporte de chez moi la grive et les deux pinsons: il doit y avoir aussi dans la maison de la présure et quatre morceaux de lièvre, à moins que le chat n'en ait volé le soir; car il faisait je ne sais quel bruit et quel tapage dans la maison. Enfant, apportes-en trois pour nous, et donnes-en un à ton père. Demande à Æskhinadès des myrtes avec leurs baies: en même temps, car c'est sur le chemin, qu'on invite Kharinadès à venir boire avec nous, tandis que le Dieu propice favorise nos guérets.