De même que, quand notre fil est embrouillé, nous le prenons de cette façon sur nos fuseaux, et nous le tirons de-ci et de-là, ainsi nous mettrons fin à cette guerre, si on nous le permet, en envoyant de-ci et de-là des légations.
LE PROBOULOS.
Alors, c'est avec de la laine, du fil et des fuseaux, que vous croyez mettre fin aux tristes affaires, pauvres folles?
LYSISTRATA.
Oui, si vous aviez le moindre sens, c'est d'après notre laine que vous gouverneriez toute votre politique.
LE PROBOULOS.
Comment cela? Voyons, dis-le.
LYSISTRATA.
Et d'abord, il fallait, comme nous le faisons pour la laine, lavée dans un bassin, afin que le crottin s'en détache, chasser de la ville, à coups de verges, les hommes à tendances perverses, et trier les mauvaises herbes; puis, ceux qui s'agglomèrent en peloton pour s'emparer des charges, les mettre à part et leur tondre la tête; ensuite les jeter dans une corbeille, pour faire la conciliation, cardant ensemble métèques, étrangers, amis, débiteurs du Trésor, tout cela pêle-mêle. Et, de par Zeus! quant aux villes peuplées de colons de ce pays, les regarder comme autant de pelotons offerts à nos mains, chacun à part, et alors, de cet amas, prendre un peloton, en tirer le fil et n'en faire plus qu'un seul, afin d'en former une grosse pelote qui serve à tisser une læna pour Dèmos.
LE PROBOULOS.