Nous ne nous disposons pas, ô hommes, à dire le moindre mal d'aucun citoyen, mais plutôt à en dire tout le bien possible, et à agir dans le même sens. Il suffit des maux présents. Or, faites-nous savoir, homme ou femme, si quelqu'un a besoin de recevoir un peu d'argent, deux ou trois mines. Il y en a là beaucoup, et nous avons des bourses. Si jamais la paix arrive, quiconque nous fera un emprunt aujourd'hui, ne rendra point ce qu'il aura reçu. Nous devons traiter quelques hôtes de Karystos, hommes beaux et bons. J'ai de la purée et un petit porc, que j'ai immolé: vous aurez à manger une chair tendre et de bonne mine. Venez donc chez moi aujourd'hui; il faut que ce soit de bonne heure, après le bain, vous et vos enfants. Vous entrerez sans rien dire à personne, mais allant tout droit, comme chez vous, hardiment; et la porte sera... fermée.

LE CHOEUR DES VIEILLARDS.

Voici les députés de Spartè: ils viennent avec leurs barbes traînantes: on dirait qu'ils ont une cage à porcs entre les cuisses. Hommes Lakoniens, tout d'abord, salut; puis, dites-nous comment vous allez.

UN LAKONIEN.

Il n'est pas besoin de vous dire beaucoup de paroles: vous pouvez voir dans quel état nous sommes.

LE CHOEUR DES VIEILLARDS.

Oh! oh! le mal acquiert une intensité effrayante; on dirait une inflammation de la pire espèce.

LE LAKONIEN.

C'est à n'y pas croire. Mais que dire? Envoyez-nous quelqu'un qui, à n'importe quelle condition, traite avec nous de la paix.

LE CHOEUR DES VIEILLARDS.