«Si Watteau, écrivent les Goncourt, a fait une nature plus belle que la nature, il le doit au poète dont est doublé le peintre. Regardez dans tous ces berceaux, ces bocages, dans toute cette ombre feuillue, regardez les trous, les jours, les percées, qui mènent toujours l’œil à du ciel, à des perspectives, à des horizons, à du lointain, à de l’infini, à de l’espace lumineux et vide qui fait rêver. L’ennoblissement dont il revêt son paysage, à lui, c’est la poésie du peintre-poète, poésie avec laquelle il surnaturalise, pour ainsi dire, le coin de nature que peint son pinceau. Des paysages idéalisés, des paysages atteignant, dans leur composition poétique, un certain surnaturel, auquel l’art matériel de la peinture ne semble pas pouvoir monter, voilà le caractère du paysage de Watteau.»
Watteau composa une réplique légèrement réduite mais d’une facture plus poussée de son Embarquement; cette toile orne aujourd’hui l’un des salons de l’ambassade française à Berlin, mais pour le charme et la fluidité des lointains, la séduction de l’ensemble, le tableau du Louvre l’emporte de beaucoup sur celui de Berlin.
Celle toile valut à Watteau son admission à l’Académie de peinture, en 1770. Elle figure aujourd’hui dans la Salle du XVIIIe siècle.
Hauteur: 1.27.—Largeur: 1.92.—Figures: 0.30.
PATER
LA TOILETTE
SALLE LA CAZE