Et, tombant à tes pieds, poussifs et crevassés,
Ils moureront tués, occis et trépassés.
«Mon poétique cheval, Monsieur, qui se déferre en ce moment, m'oblige de descendre de la rime à la prose; permettez-moi donc de vous dire en son langage que votre immortelle et jolie pièce vous a fait bien des jaloux; mais n'en redoutez rien. Je viens de vous annoncer dans mes épiques vers et leur sort et le vôtre. D'ailleurs, consolez-vous avec les admirateurs qui vous restent. Comme j'y touche aussi quelquefois, à cette poésie, permettez-moi de vous consulter sur la tragédie que j'ai entreprise et dont je vous envoie une scène pour échantillon. Le sujet est, comme vous le savez, le fameux Nabuchodonosor. Je suis bien étonné que ce grand homme ait échappé à tant de célèbres auteurs. J'imagine qu'apparemment ils ne l'auront regardé que comme une grande bête, comme vous avez pu le regarder vous-même. Quoi qu'il en soit, voici ma scène. Nabuchodonosor entretient Isabelle avant de l'épouser.»
SCÈNE
Nabuchodonosor, Isabelle
NABUCHODONOSOR.
Avant qu'à vos pieds beaux je mette ma couronne,
Écoutez-moi, princesse, et charmante personne;
Je n'allongerai pas, et je vous en répond,