Sous l'aile blanche du matin,
Toute la terre se recueille;
Un frisson passe de la feuille
Du chêne à la feuille du thym.
Tandis que pâlit la grande Ourse,
Descend un long frémissement
De l'oeil profond du firmament
A l'oeil entr'ouvert de la source.
Ainsi, partout, autour de moi,
Comme un torrent tombant des cimes,
Roulant des faites aux abîmes,
S'étend l'universel émoi.
Il n'est que mon coeur solitaire,
Loin de tes yeux, aux morts pareil,
En qui ne vibre aucun réveil,
Quand tout se réveille sur terre!
[Illustration]
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PARAPHRASE
Pour charmer mes heures moroses,
Je chante, le coeur plein de vous:
Ce n'est pas aux lèvres des roses
Qu'est le sourire le plus doux.
J'évoque vos candeurs insignes
Et vos virginales fraîcheurs:
Ce n'est pas au cou blanc des cygnes
Que sont les plus pures blancheurs.
Je vous vois passer sous les branches
Sur vos noirs cheveux se penchant
Ce n'est pas aux yeux des pervenches
Qu'est le regard le plus touchant.