—Protection, protection, au nom d'Allah!

—Au nom d'Allah et du prophète, je te donne ma protection, dit Marzawane. Mais d'où viens-tu? qui es-tu?

—Je suis poursuivi par les soldats de Sa Hautesse; ils vont arriver. Cache-moi.

Marzawane lui dit de se blottir derrière les coussins de son divan.

—Non, dit le serpent, on m'a vu entrer ici, et fussé-je enroulé dans les cheveux de ta favorite, mes ennemis m'y découvriraient. Écoute; les voilà qui approchent. Si tu ne veux offenser Allah et son prophète, tu n'as qu'un moyen: Ouvre ta bouche, que je me cache dans ta poitrine.

Marzawane recula d'horreur; mais la voix des soldats montait de plus en plus.

—Soit, dit-il, puisque tu es venu au nom du Miséricordieux!

Le serpent disparaissait dans la gorge de son hôte, lorsque ses poursuivants entrèrent en criant:

—Où est le traître? Malheur à ceux qui couvrent l'ennemi du Sultan!

Marzawane leur dit que l'ennemi du Padichah était le sien; que sa maison était vaste, qu'on pouvait s'y introduire inaperçu, et qu'ils n'avaient qu'à la visiter en tous sens.