— Je vous répéterai donc ce que j’ai déjà voulu faire entendre au chef de poste : je suis Allan Dickson… Voici mes papiers !
Le directeur parcourut négligemment les certificats dûment revêtus d’estampilles que je lui soumettais et me dit brusquement :
— S’il est vrai, monsieur, que vous apparteniez par quelque côté à l’administration de la justice, vous auriez dû vous montrer, plus qu’un autre, respectueux de ses arrêts.
— C’eût été mon plus vif désir, mais cette soumission passive n’eût abouti qu’à la constatation stérile d’une erreur… D’autre part, je suis détective et, hier encore, j’étais sur la piste de l’assassin de M. Ugo Chancer… Ma présence à Broad-West était absolument indispensable… et à tel point que je tiens maintenant cet assassin, monsieur… et puis le livrer à la justice.
Le directeur me regarda d’un air méfiant :
— Qu’est-ce qui me prouve que vous dites la vérité ?
— Ceci, monsieur (et je désignais mes papiers) ceci d’abord… et puis le témoignage du chief-inspector lui-même qui est au courant de certains détails et auprès duquel je vous prie de me faire conduire sans retard.
Le fonctionnaire parut choqué de ce dernier mot.
— Sans retard… répéta-t-il ironiquement.
— Sans retard, oui monsieur… parce qu’il y va de l’arrestation d’un malfaiteur des plus dangereux et que chaque minute d’atermoiement fait peut-être une victime de plus sur le territoire australien…