Tandis que mon chauffeur, assis sur un seau renversé, fumait avec béatitude une pipe de Bird’s eye, je m’évertuais de mon mieux à réparer le pneu crevé.
J’ai possédé autrefois une auto et faute de pouvoir me payer un chauffeur, force m’avait été, comme on dit, de mettre souvent « la main dans l’huile ».
En une demi-heure le pneu fut réparé, replacé et regonflé. J’avais même eu la chance de ne pas pincer la chambre à air.
Pendant tout le temps que dura l’opération, j’avais jeté de temps à autre un regard sur mon homme. Il ne me quittait pas des yeux et ma dextérité semblait l’étonner au plus haut point.
— Sais-tu, fellow, me dit-il lorsque j’eus terminé, que tu ne t’y prends pas mal du tout… Tu as sans doute été chauffeur ?
— Oui, répondis-je tristement, mais mon patron m’a congédié.
— Parce que tu buvais trop de gin, hein ?
— Non… parce qu’il ne pouvait plus me payer…
— C’est une raison, cela.
— Tu ne crains pas que la même chose t’arrive ? dis-je au gros homme.